À cinq lieues de la fin

Dans le bout de Maria,
t’es posté sur le bord
as levé le pouce
me suis pas arrêtée
de peur de freiner le mouvement
t’ai trouvé beau dans le rétroviseur
à contre-jour
sur fond de mer-soleil 

Près d’Amos,
t’es couché sur la route
t’ai roulé dessus
m’a ralentie
m’a levé le coeur
a sali mon pare-choc
ai décollé tes résidus de chair
et repris la route
plus vite que jamais

Dans le coin de St-David,
au volant d’un bolide rutilant
t’es mis à ralentir devant moi
t’ai embouti de plein fouet
envoyé valser dans le champ
absorbé le choc dans mes os
quelques minutes d’immobilisme
puis les épis se sont remis à défiler à toute allure

À Montréal, intersection Papineau-Masson,
par un après-midi d’été
attendant que le feu passe au vert
les yeux fixés sur le rond rouge
les ongles enfoncés dans le volant
juste avant mon démarrage en trombe
as surgi de l’angle mort
encore toi vivant
engouffré par la fenêtre du passager
installé confortablement sur le siège vide
m’as souri à pleines dents

pourquoi pas?

Dans le parc La Vérandrye,
ta grande langue d’animal grotesque glissée dans mon cou
deux trois tours bien serrés
jusqu’au craquement
sous les coups de tes pied griffus de revenant

rouler dans l’accotement

   finir dans le ravin

      comme une destination-surprise

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