26 avril 1986

Une deuxième génération, par miracle, la lignée de mon sang contaminé. J’avais jamais osé en rêver. Mon sort que j’avais accepté, comme l’évidence que ce qui est trop gros fini toujours par pèter. Trop gros et gonflé d’orgueil d’homme en contrôle; le marathon de ceux qui ne savent pas marcher. La maladie a été clémente avec moi, elle a attendue. J’ai eu la chance de voir tout le monde mourir près de moi, d’être aux premières loges de l’erreur humaine. Et puis y’a toi.

Tu me demandes c’est comment la fusion d’un cœur? Je te réponds que ça empoisonne des vies. Si on voyait des formes d’animaux dans les grands nuages blancs? C’est plutôt la fierté d’un empire qui partait en fumée, et les animaux que l’on tuait, parce qu’ils étaient contaminés. Et j’habiterai l’hôpital comme toi si j’écoute trop la radio? Y’a pas de danger, mon amour. Oui mais mon professeur a dit que ça s’attrape, la radioactivité? Tu poses beaucoup de questions pour ton âge…

Pourquoi tu pleures?

J’ai envie de vivre, et j’ai peur que tu meurs.
Depuis que j’tai,
Que je sais que t’existe.

J’avais pas envie d’y retourner, pas même en souvenir. Il faudra pourtant, pour ne pas oublier.

 

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2 réflexions sur “26 avril 1986

  1. Ouf, très beau ce texte, Catherine. Très d’actualité, aussi, avec l’anniversaire de Fukushima la semaine passée… En espérant qu’on démantèle Gentilly 2 le plus tôt possible… au lieu de la réparer. Que des histoires, comme celle que tu viens d’écrire, puisse rester des histoires.

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