Troisième rue à partir de nulle part

Depuis que j’habite ici
Ma tête tourne la nuit
J’entends des gens qui s’évincent
Plus fort que mes dents qui grincent

Depuis que j’habite icitte
Rien d’mieux que du va-évite
J’entends ma tête qui craque
J’m’endors com’une petite flaque

Depuis que j’habite en ville
J’ai la mémoire qui se vrille
J’ai les repères semi-flous
Les idées d’une presque soûle

Depuis que j’habite tout seul
Y s’passe rien de c’que je gueule
J’observe les écureuils bruns
Et les filles du mois de juin

(Refrain)

Si au moins j’avais
Un peu du peu de temps qui reste
J’prendrais ma veste
J’irais à l’ouest
De mes envies qui disparaissent
Si au moins j’avais
Un peu du peu de temps qui fuit
J’lâcherais un cri
Pour un taxi
Vers l’endroit où le futur gît

Si au moins j’aimais le peu du peu de gens qui traînent
J’irais au parc
Prendre une débarque
Dans les bras du premier apache
Si au moins j’aimais le peu du peu de gens qui vivent
J’prendrais une pause
De mes psychoses
Les laisser m’suivre dans mes dérives

Hier je marchais en robe
Croche-vite, doublevite-dérobe
Me filait le faux pas triste
D’un piéton l’été cycliste

Marche plus vite ma petite rose
Traverse, vas-y si tu oses
Accélère je te rejoins
Serre ton sac de tes deux mains

Dans une des lignes du trottoir
S’est défait mon fol espoir
De me rendre chez moi indemne
Mon orgueil tombé en berne

Toute étalée à mes pieds
Son visage ensanglanté
Tache mes souliers de course
Et de sueur de peur de rousse

Ma joue rouge sur le ciment
Vu d’ici il paraît grand
Il fait une face de gars d’fou
L’envie de lui laisser tout

J’aurais pu la ramasser
Pour pouvoir mieux la panser
Mais c’est un espoir canaille
De romantique qui déraille

Il n’a pas aimé ma chute
Ce suiveux en pseudo rut
Obsessif de bonne famille
Il ne fixe que mes chevilles

(Refrain)

Ma face ouverte à tous vents
Le cœur parti en courant
Mais les jambes sont bonnes à rien
Figées dans l’instant mesquin

C’est la fin d’un jeu stupide
D’une journée insipide
L’éclatement de l’indicible
Dans la peine d’une fille crible

(Fin de toune par 3 orgues furieux + « ouhouu » psychédéliques en écho et cloche à vache surexcitée)

P.s. : À lire en heptasyllabes, sauf les refrains qui tiennent plus du rigodon…

Inspiration rythmique des couplets : Pégase de Thomas Fersen

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