Disgressions ectopiques

Marche, marche, marche, sur un rêve, sans trêve jusqu’à ce que le « thrill » de regarder droit devant et de mettre un pied devant l’autre ne soit plus suffisant à la tâche que tu t’es donnée soit celle de ne pas dériver de cette folle course (que certains qualifieraient d’effrénée alors que d’autres s’en fouteraient) vers quelque part d’incertain, un type de destination qui n’apparaît pas dans Google Maps quand tu fais une recherche d’itinéraire. Aucun résultat pour vous et vos recherches de pelleteux de nuages d’imprécision. Ressaisissez-vous vous flashe l’ordi qui s’impatiente de vos divagations d’être humain à la logique lousse. Non mais ça te gosse un processeur tous ces êtres brouillons qui se prennent pour quoi au juste? Bande de têtes parlantes sans filtre composée d’éléments disparates aux valeurs qui leurs ont été inculquées quelque part, à certains moments-clés de leur vie, de façon aléatoire et contextuelle. Prêtes à s’enflammer pour une question de nouveau et de renouveau, petites fourmis-bombes à la mèche courte prêtes à s’exploser les unes à la face des autres, créatures d’un artificier dément qui n’y est pas allé avec le dos de la cuiller d’argent lorsqu’est venu le temps de farcir la tête de ses grouillantes mottes de glaise.
De toute façon, c’est trop tard pour les cyniques et leur toutou d’autosatisfaction pelucheuse qu’ils s’entêtent à traîner même s’il lui manque un oeil et qu’il pue le vieil ourson désabusé qui s’amuse à cracher dans le pot de miel. Vautrés dans leur tristesse gratuite, nos bardes égarés se demandent pourquoi ça paraît pas dans leur face qu’ils crient dans leur tête chaque fois que quelqu’un parle plus fort qu’eux. Stupide visage jamais assez expressif des tempêtes dans un corps d’eau.
Mais c’est probablement bon signe qu’on nomme nos enfants de prénoms que portaient nos grands-parents; on essaie de créer des bambins-p’tits vieux qui auront déjà la sagesse, la connaissance et l’intelligence cumulées des trois générations précédentes leur coulant dans les veines. Avec un peu de chance, ils réussiront à se sortir de l’individuel-cellule pour muter en un gigantesque organe barbu tout frais versatile et multi-pensant qui saura se passer du luxe de la répétition des égarements du passé au nom du ridicule droit à l’erreur de ceux qui viennent au monde.
Accoucher de ça va faire mal.

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