Nous n’irons plus au bois à trois

Collaboration : Maria G.

Dans la maison, un air d’Ani DiFranco jouait. Au fin fond du couloir fait d’bois franc, Simon s’branlait. Chibougamau, dix-huit avril. Son ami Jacob, toujours vivant, frottait un vagin d’lubrifiant  au kiwi. Dans sa main, un gant. Dans sa chair, du Propofol. Jusqu’à la fin d’la nuit, la nana, d’tout son corps sauf son clitoris, tâchait d’s’unir à un gars viril, mais doux. Simon, ôtant son G-String, prit part à l’action.

– J’ai faim! J’ai faim! dit-il, savourant l’vagin d’Lisa, s’touchant, giclant tout son jus sur son poitrail.

Dans un coin, Jacob flattait son corps poilu. Imitant l’fils sur la croix,  il hurla du fond d’son gorgoton :

– Go Habs Go!!
– NOT!! Big fail pour toi!!, cria Lisa d’la voix qui l’habitait.

Alors qu’il gambadait sans but dans l’appart, vibrant d’tout son pouls battant, sanglotant par bout, il dit d’un ton aigu :

– Moi, j’voulais du cul pis du bruit, pis dans l’tapis, tabarnak! Salut Paradis… Bonjour la shit!

Lisa voulait mourir. La nana culpabilisait d’voir Simon partir sans son fif roux au trou d’cul saignant qui la baisait trop fort. Du coup, on laissa Simon faiblir dans son coin puis on vit Jacob sortir du corridor, l’zizi à l’air. Ça avait mal fini.

Six mois plus tard, coin Gounod/Casgrain, Lisa sautait su’l’gazon. Voyant Simon qui portait un chandail noir moulant,  pis Jacob, main dans la main, carton d’lait dans un sac fait d’bambou, vodka, gin pis jus d’ananas à bord, Lisa cria :

– On boit c’soir?
– Fuck Lisa!!! Salut!! dit Simon, surpris.

Trois pas plus loin, on chantait dans la maison. Trois ados saouls, flacons à la main. Fumant un p’tit joint d’hash, sirotant son drink, Lisa souffla :

– J’ai toujours mal au minou, j’vous dis. Aussi, j’ai l’sida. J’n’ai pas voulu, ça s’pourrait qu’ça soit vous, t’sais… J’vous aimais avant… Mais là, j’sais plus. J’fouillais pour vous r’voir. Diagnostic positif. J’n’ai jamais voulu mourir moi… Bah… Oublions ça. Buvons, amis, à la paix. Ça va mal ici, pis partout aussi… On n’va pas rougir pour ça …

Tout à coup, l’ton montait. Lisa allait là pour agir. Fard coulant dû au lac sur son minois, on la vit sortir un gun d’son bas puis brandir l’bras tout haut.

Un court instant, puis Lisa tira.

À Simon, toujours pas mort, Lisa soupira, sur un air connu :

– Nous n’irons plus au bois…

Puis tira l’joli voyou roux qui la faisait aujourd’hui souffrir.

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