Humidex 69

Je déménage,  je repeins l’appartement, je suis en vacance, mais je manque de temps, du temps que je pourrais employer à écrire, mais que je n’ai pas.

Alerte Météo – Avertissement de chaleur accablante –

La température pressentie et ressentie aujourd’hui sera de 41 degrés Celsius –

C’était comme ça hier, avant-hier, ce sera comme ça demain et pour le reste de la semaine.

J’ouvre toutes les fenêtres, je me déshabille, je repère un courant d’air, aujourd’hui je peins en slip.

J’ai fait le plein de bière dans le frigidaire.

Après chaque mur je prends une longue gorgée de Molson Dry, après deux murs j’en ouvre une autre.

« Tant qu’il me restera quelque chose dans le frigidaire…»

C’est le programme de la journée, de la semaine.

Je monte le volume de la radio qui me tient compagnie.

Je danse en slip en roulant mon rouleau sur les plafonds et les murs de mon nouvel appartement, en trempant mon pinceau dans les interstices inaccessibles.

Le soleil inonde les pièces.

Je bois de la bière, je fais des gestes lents, je suis un africain blanc.

«Chi va piano va sano e va lontano»

À 18h : j’entends la porte qui s’ouvre et Olga qui monte en courant la rampe d’escalier dans sa petite robe fleurie.

La journée de travail est terminée ! Olga est là ! le temps s’arrête !

Elle vient m’embrasser, m’enlève ma bière, t’as pas chaud toi elle me dit, puis elle file vers la douche en enlevant sa robe, toujours fleurie.

J’ouvre une autre bière et je m’écrase dans le fauteuil.

Je fais l’état des lieux, j’inspecte la pièce : les murs transpirent, mes chats sont des peaux d’ours écrasées sur le sol, l’appartement ressemble à l’atelier d’un taxidermiste artiste peintre, la peinture sur mon ventre n’arrive pas à sécher, j’entends les pales du ventilateur couper en tranches régulières l’air épais et dense du mois de juillet.

Je bois !

Puis Olga sort de la douche et se présente devant moi nue, complètement nue, totalement nue.

Olga : c’est quelque chose !

À voir et à regarder.

Mon corps ruisselle de sueur, le sien de fraicheur.

Elle vient vers moi, elle vient sur moi.

Mon corps chaud, son corps frais.

Nos corps tièdes.

Nos corps chauds.

Nos corps brûlants.

Nouvelle Alerte Météo – Veille d’orgasmes violents –

Publicités

4 réflexions sur “Humidex 69

  1. Super bon texte! J’aime bien l’image des peaux d’ours écrasées sur le sol… et le jeu de mot veille d’orgasmes violents!!! Hahaha! Bien pensé. 😉

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s