Montagne Russe

On monte, on descend, on remonte, on redescend, on a hâte, on trépigne d’excitation, on est exalté, on a les nerfs à fleur de peau, on a peur de se casser le nez, on veut que ça l’arrête, on prie pour la fin, pour la délivrance, on a la tête dans les nuages, les cheveux au vent,  l’estomac dans les pieds, un nœud dans la gorge, le cul par-dessus tête, le cœur au ventre et parfois froid dans le dos, mais quoi qu’il en soit on fini toujours par avoir la peau dure, on ne sait pas ce qui nous attends, mais on sait qu’une fois embarqué, il faut se rendre jusqu’au bout, c’est l’histoire de la vie.

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Ciao bye

Tu m’aimes, tu m’aimes pas, tu m’aimes, tu m’aimes pas – c’est toujours de même avec toi – tu me prends comme un yo-yo, en haut, en bas, en haut, en bas, monte, descends, monte, descends, POUR QUI TU TE PRENDS – je me demande ce que je t’ai fait, si tu te rends compte de ce que tu fais, me fais subir – up down up down – TE RENDS-TU COMPTE QUE T’ES MALADE DANS TA P’TITE TÊTE D’IMBÉCILE et que ça se soigne, mais c’est pas ma job, ça fait que dégèle pis va consulter, comme ça t’arrêterais peut-être de jouer avec les gens, leur coeur, leur tête; en tout cas, t’en as fini avec moi, c’est moi qui te le dis, ciao bye sucker, je lève les voiles, et je te souhaite une vie aussi paisible que la mort, TA MORT.

Le Monstre

Voyons donc
comment ça se fait
qu’on monte encore
toujours plus haut
ça finit pas de monter
tchack-tchack-tchack
tchack-tchack-tchack-tchack
j’ai déjà la patate qui me débat
ah non sérieux c’est pas vrai
pourquoi je me suis embarquée là-dedans
à quoi j’ai pensé je suis virée folle
qu’est-ce que j’ai fait de ma vie
je vais mourir c’est certain
c’est trop triste je suis si jeune
c’est du suicide – c’est juste certain que ça va lâcher
c’est ben trop vieux ce manège-là
pis as-tu entendu le bruit que ça vient de faire
oh non oh non oh noOOOOOOONNNNNNNNN!!!!!!
oh non oh non oh non mon Dieu
fermer les yeux
retenir son souffle
j’veux pu y aller
j’veux débarquer
venez me chercher
MômmmmaaaaAN
viiiiiiiite
arrêtez tout
mettez les freins
envoyez l’hélicoptère
la grue
les hommes-araignées
les pompiers
de beaux pompiers
ou même des laids
(si vous avez rien d’autre en stock)
mais simonac
faites quelque chose
je DOIS descendre
au plus sacrant
j’peux PAS rester une seconde de plus icitte
c’est trop terriiiiiiiiiiiiiiiiible ça va trop vite
le coeur va me lâcher
les yeux vont me péter dans la face
les jointures m’éclater à force de tenir
la p’tite barre de sécurité
veux-tu rire de moé – sécurité
comment ça se fait
que c’est encore légal
cette antiquité-là
faut-tu que des gens meurent
pour qu’ils arrêtent de faire de l’argent
avec nos crises de panique
je vais les actionner
si je meurs pas
je vais les actionner ça se peut même pas
c’est trop débiiiiiiiiiiiiiile
quoi qu’est-ce tu veux
ah c’est la fin
ah oui ah bon ah ben tiens
j’en reviens pas qu’on soit encore en vie
pffffffft mais non de quoi tu parles
j’ai même pas eu peur une seconde.

Pas l’temps d’niaiser

“Roh, zut, j’ai pas eu le temps de penser à une excuse et mon Maurice est ben trop vite en besogne, maudit mardi soir, y’a la saison de Santa Barbara qui r’prend dans 10 minutes, moi qu’avais tellement hâte de savoir si Kelly et Joey allaient finir ensemble, au moins, ces deux-là, sont sexy, m’enfin j’peux pas trop en vouloir à mon Maurice : on est vieux, on a l’air de ce qu’on a l’air, chuis pu très jolie à r’garder non plus, mais dans mon temps, ça, dans mon temps, l’était un sacré pétard, la Ginette, y’avait pogné l’gros lot, mon Maurice, tiens, ça m’fait penser, faut que j’rachète une boite de l’Oréal Sublime Mousse Blond Glacé la prochaine fois que j’va au Jean Coutu, ouch, le Maurice est tout en vigueur à soir, ça pis des Poules aux œufs d’or, la Francine m’assure que le 26 est mon jour chanceux, c’est les chiffres qui lui ont dit, faut pas que j’manque ça, si je pouvais convaincre Maurice de m’conduire au casino de Hull, tout cas, c’est pas aujourd’hui, c’est sûr, hein, mon jour de chance, le Maurice y’a toujours pas fini pis ça fait déjà huit minutes, pu qu’deux minutes avant le générique, allez Maurice, simonac, t’es capab’, concentre-toi – et toi ma Ginette, serre les cuisses, ça l’aide, d’habitude – une chance qu’on a la tv dans la chambre si seulement j’arrivais à pogner la télécommande, j’ai l’bras trop court, c’est ma veine, un pouce de plus, juste un pouce, trente secondes un demi pouce – pousse Maurice, manque plus qu’un quart là, POUSSE MAURICE VAS-Y MAURICE POUSSE OUI MAURICE C’EST ÇA MAURICE POUSSE DONC TABOUERE PAS L’TEMPS D’NIAISER LÀ UN DERNIER COUP MAURICE OUI C’EST BON OUI JE L’AAAAAAAI! »

Non, ce n’est pas une soirée-mini-putt-side-by-side-en-mustang-jaune-décapotable-with-you-guys-avec-virgin-sex-on-the-beach-ou-ride-the-dragon-craziest-east-coast- scenic-rollercoaster-park qui va me faire défâcher

J’ai mes règles : vacances rêvées de rêve de cette année de merde : mes règles ; règles parfaitement synchronisées sur le cycle de la lune et donc les marées avec en prime : ballonnements utérins de type – c’est des triplés ? – heu, non, c’est des «menstruée» (voir evidence photo number 36) donc, topo : tandis que (je l’appellerai) ancien-père se la joue G.O.-méga-old-school-speedo-qui-baîlle-du-cul tout en gueulant sa joie de s’exhiber la craque dans les vagues comme un putois en vacances, moi, comme d’hab dans ce cauchemar de huis-clos familial, je cherche les chiottes pour m’enfiler ce putain d’O.B. Special Teenager (my-one-and-only-summer-love) quand ancien-père, champion de chez champion, me balance à tue-tête – LES BOUSE HOUSE SONT À L’ENTRÉE DE LA BEACH À CÔTÉ DE LA TENTE DE SUPER SEX LIFEGUARD (génial, manque que de gueuler très fort que j’ai envie de caca) ; évidemment, tu penses, la meute de sublimes surfers se tournent automatiquement vers moi tout juste comme je pointe la Bouse House du doigt d’un air interrogateur style genre little french connasse et, trop la honte, je vire totalement au red quand j’entends-ti-pas Capitaine Naze aka ancien-père gueuler à ancienne-mère que les plages sauvages à grosses vagues, c’est tellement trop de la balle qu’-on se fout à poil ; soudain, je dye ; le ex-dad : trop-reggae-love-caïd-de-la-couille-qui-pendouille et les mommy ricaines supra cathos qui oh my godent à qui mieux mieux en cachant les yeux de leurs baby-cachalots en little swimmers (tiens, c’est ce qu’il me faut) ; alors je lance le plus giga-méga-bad-fatal-look-of-your-life à former-mother (qui, évidemment, se marre comme une picoleuse qu’elle est, sans aucune considération pour moi et my love, le surfer à taches de rousseur sponsorisé par Quicksilver, she’s so-betraying-my-life, so-vie-de-merding-me en se débarrassant façon Lady Gaga de son bik qu’était déjà way trop tiny pour une menopaused), mais là, coup de théatre, le nec-plus-ultra des sauveteurs de la côte est américaine de la galaxie, celui dont parlait certainement ex-père (way plus nec ultra que Quicksilver surferboy) rapplique vers vieux-nudistes-bourrés avec l’élégance de la Jeunesse Qui Sait Se Tenir, Qui Sait Avoir Du Plaisir dans le Sport par exemple, ou dans L’Aide à la Communauté, La Confrèrie, La Fanfare Municipale, Offrir De Son Temps Aux Personnes Âgées, bref Good Values et sans se murger la gueule comme des chameaux qui se retiennent cinquante semaine par année, nec plus ultra super choupi rapplique donc, en faisant no, no, no du finger et en montrant son sublime bermuda parfaitement seyant et qui glisse sur ses reins comme s’il était Le David de Le Michel-Ange, mais moi, newly-orpheline, je ne peux plus voir ça, mes émotions sont trop fortes, trop hormonales, JE DEVIENS FEEEEEEMMMMMMMMME, je courre vers la Bouse House avec mes O.B. Special Teen qui sautent hors de mon sac-à-main-de-fille-menstrue comme pour baliser my journey de summer-descente-aux-enfers through feminity, je courre et courre comme si la fin du monde venait vite derrière pour m’emmener malgré moi vers the Bouse House : where I belong, et là, je me vois, je me day-dreame pour fuir mon drame familial, assise en salle d’interrogatoire face à Sublissime-Sauveteur-des-mers-déchaînées-of-Atlantic-shore-of-full-of-sharks-of-America – no, no, zath is not my fazer, I swear, I don’t know him, he’s lying (…) no, not my mozer neizer, zey are drunk french people, thank god I’m not one of zem, I’m one of yours (…) my name his Delphine, I’m an orphan (…) Oh, I love you too David (…) Oh, I love you so much, bisoux bisoux bisoux ; putain de merde, réveillez-moi quelqu’un, je commence à avoir envie de faire comme ces chtarbés d’américains et de shooter tout le monde, red alert aux drapeaux en berne, aucun risque que j’ovule sous la pleine lune, genre phéromones en folie sur la plage avec against-extremely-dangerous-seashore-marine-wildlife-danger-or-hazardous-rip-currents-marvelous-protector-Le-David-from-Le-Michelangelo, bah non, serait trop simple, et mes vieux qui se marrent et courent derrière moi comme des adolescents attardés imbibés à mort en se cachant la bite et les nénés avec des – tiens Gérard ! tiens Marielle ! un tampon-de-mer, trop horrible, ô diary, y’a pas de justice pour les orphelines, je peux juste pas passer une journée normale en vacs sans spm, dear diary help me please, do David love me ? je pourrai plus jamais m’arrêter d’écrire, c’est trop la honte, j’ai trop hâte de retrouver Sandrine, faites que ces vacances s »arrêtent (…) – allez viens, on se marre dans le jacuzzi (…) hé merde, now c’est la résilience, j’ai vraiment plus d’autres choix que de suivre mes pastime-genitors et me faire tourbilloner la sécretion au spa avec une bande d’orphans boutonneux et d’alcolos dégénérés, good bye American dream.