Nostalgie / Cuba Si

Ça fait quinze ans que ça dure.
Ça fait quinze ans que tu es dur.
Pour moi.
Quinze ans que tu me prends, périodiquement. Quand ça m’adonne à moi, un peu plus qu’à toi, parce que ça t’adonnerait tout le temps. Dès qu’elle te donne la permission je deviens ton obsession.

« Me laisserais-tu te ramener à Cuba, une semaine tout inclus… Me laisserais-tu te prendre… S’il te plait… J’prendrais soin de toi, tu serais bien, t’aimerais ça… »
Moi je te laisserais faire presque n’importe quoi, mais elle ne voudra pas.

Même après quinze ans, je t’ai dans le sang.
Amour plus fort que le temps, plus puissant que le vent.
Plus fort que celui des couples qui s’aiment, plus grand que le lien du sang qui unit un frère à sa soeur, une mère à son enfant.
Amour sans nom qui ne s’explique pas.
On s’a dans le sang.

Quand tu prends le temps de me prendre, comme si plus rien ne comptait.
Comme si on s’aimait.
Quand tu remontes mes jambes.
Quand tu glisses en moi comme si rien de t’attendait à Montréal.
Quand tu dis que tu m’aimes, et que je te réponds « moi aussi ».
Même si on sait très bien tous les deux que c’est pas vrai.
On tient l’un à l’autre, on se tient l’un l’autre.
Et tu glisses, tu glisses, tu transpires sur mon corps.
Et je te bois. Je m’abreuve de ta sueur, du mieux que je peux, pendant que ça passe. Pendant que c’est là. Pour le temps que ça dure, tant que t’es dur. Tu me dis que tu m’aimes, mais t’en aimes une autre, et ça ne me fait rien. Parce que je t’aime comme tu m’aimes. D’un amour inexistant. D’un amour invisible. Quand ça passe.

Y’en aura jamais deux comme toi. Avec ou sans Cuba.
Et elle t’attend, pendant que ta langue me fouille, pendant que tu me lèches et que je mouille. Pendant que tes lèvres me mangent le corps, pendant que je te retiens en moi. Pendant que je m’accroche à toi, elle t’attend.
Toi.
Toi, tu me tournes de bord, et tu entres plus creux. Et même si on s’aime pas, on s’aime.
Encore.
Depuis quinze ans.

Tes mensonges ne comptent pas. Puisque je connais la vérité.
C’est pas moi qui se fait fourrer.

Même après quinze ans, on a ce feu qui nous brûle par en-dedans.
Un feu qui brûle tout, même le temps.
Tout est figé, plus rien ne bouge, sauf nos corps enlacés.
Aucun son, sauf celui de nos respirations.
Tu me laisses peu de temps pour me reposer.
« Reprends des forces, je veux recommencer… Encore. »
Encore.
Encore.

 

Y a fait chaud à Cuba.
Le même temps qu’il y a quinze ans…
Tu n’as pas eu le temps de te reposer.
Pas plus que moi.

À quelle heure, notre vol pour Montréal?

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