Le Professeur

-Ayoye calisse!

Bien qu’elle ne voyait rien, dans le noir total, Sarah ouvrit les yeux et tenta de se lever. Sa tête heurta un métal, et elle porta directement la main droite à son front. Mais Sarah remarqua que sa main n’était plus au bout de son bras.

-The fuck, tabarnak??!!

Elle essaya de toucher à son bras comme on se pince pour sortir d’un rêve, mais son bras gauche était lié à elle ne savait quoi. La panique grandissait.

-Eille tabarnak, Y’A QUELQU’UN?????

Sa voix résonnait dans un espace qu’elle devina grand et vide. Elle avait froid. Elle sentait un grand courant d’air lui flatter le corps. Elle pouvait sentir qu’elle était assise sur un sol terreux et qu’elle n’avait plus aucun vêtement sur elle.

-J’AI FAIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIM!!! J’ai faim! J’ai faim! J’ai faim! J’ai faim!

Elle avait crié jusqu’à s’époumoner et se mettait maintenant à sangloter, tout en murmurant ces trois mots qu’elle n’avait jamais dit sans aussi bien les ressentir.
Elle entendit une porte s’ouvrir.

-Avez-vous fini de vous lamenter, mademoiselle? Vos cris viennent perturber le calme qui berce ma demeure.

-J’suis où, ostie? Viens me détacher mon tabarnak, parce que je te jure que si j’me détache toute seule, tu vas crever, mon ostie de sale!!

Le geôlier soupira.

-Comme vous êtes grossière…

Il alluma un interrupteur qui éclaira la cache de néons trop blancs. Sarah entendit la porte se refermer au même moment où elle ferma les yeux, aveuglée. Lorsqu’elle fut capable de les ouvrir, elle regarda son bras attaché à un calorifère, puis l’autre, duquel coulait encore du sang. Elle se sentit faiblir comme jamais auparavant, elle qui vivait de combats extrêmes et de gangbangs fétiches. Elle ne comprenait rien à la situation. Elle avait dû perdre conscience au moment où on lui arrachait la main, et son cerveau semblait avoir effacé la terreur de sa mémoire. Ça et tout le reste avant. Elle savait très bien qui elle était, mais ne se souvenait pas le moindre du monde comment elle était parvenue dans cet endroit sombre et humide… N’ayant pas vu son agresseur, Sarah pensa qu’elle était dans un genre de cave, qui donnait accès directement à l’extérieur. Un genre de hangar souterrain.

-Qu’est-ce qui m’est arrivé, criss de porc sale!!! J’ai pu de main, t’as fait quoi de ma main?? T’attends que je crève au bout de mon sang pour me dire quessé qu’j’t’ai faite, mon ostie?? QUESSÉ QU’J’TAI FAITE!!!

La porte s’ouvrit de nouveau.

-Vous allez vous calmer, oui? Et surveiller votre langage, car tant et aussi longtemps que vous serez grossière, je ne vous détacherai pas.

Une pause. Puis l’homme descendit quelques marches et s’arrêta directement  devant Sarah. Il s’accroupit et la regarda droit dans les yeux.

-Vous me reconnaissez?

Sarah fronçât les sourcils. Malgré tout le sang qu’elle perdait, elle reconnu Monsieur Fradet, son professeur de création littéraire à l’université.

-C’est quoi ton ostie de problème, Fradet??

Tout en balançant son index de gauche à droite, M. Fradet émis un…

-Tututut… Sarah… Il ne faut pas vous affoler.

-Calisse de malade, tu me déchiquètes la main, tu m’attaches, tu me violes, pis tu me dis que faut pas m’affoler? Ça va pas? Tabarnak, je capote! Détache-moi, mon ostie, avant que je meure au bout de mon sang. DÉTACHE-MOI!!!

M. Fradet ricana discrètement.

-Pourquoi tu ris… Pourquoi j’ai pu de main… pourquoi… pourquoi…

Sarah sanglotait à nouveau, et sa voix n’était plus qu’un mince sifflement.

-Je vous ai coupé la main parce que vous ne l’utilisez pas comme vous le devriez. Çela fait 10 ans que vous avez gradué et vous n’avez pas encore écrit un seul bouquin. Je vous donnais dix ans. J’attendais que sorte enfin votre talent. Ça a fait dix ans hier soir. Je vous ai assommée à la sortie de votre emploi, et je vous ai amenée ici. Voilà. Maintenant, je n’ai jamais pu supporter votre arrogance. C’est pourquoi je vous ai attachée. Mais je crois bien que vous allez mourir au bout de votre sang, ma chère, puisque vous ne savez guère soigner votre langage. Et sachez Sarah, que je ne vous ai pas violé. Vous vous êtes masturbée avec votre moignon plein de sang quand j’ai eu fini de le sectionner avec la paire de pince que vous voyez là. C’était beau à voir. Je vous ai même filmée! Attendez, je vais vous montrer…

Il se leva et remonta lentement l’escalier.

-J’ai tellement faim, M. Fradet… Tellement faim…

Il redescendit avec un ordinateur portable.

-Je vous laisse, ma chère Sarah. Si vous avez faim, mangez ce qui reste de votre bras…

Il appuya sur play. Sarah s’entendit hurler avant même de regarder l’écran. Elle ne voulait pas voir la torture qu’elle avait subie. Elle fixait M. fradet avec une haine grandissante, lorsque ce dernier se dirigea dans le fond de la cave, et revint vers elle, sa main à la main.

-Tata Sarah, dit-il en l’agitant. Bon cinéma, et bonne longue nuit.

Il remonta les marches, referma la porte et l’interrupteur, laissant Sarah seule face à l’écran qui montrait une femme possédée qui se masturbait violement avec un poignet plein de sang.

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3 réflexions sur “Le Professeur

  1. J’pense que t’es mieux de commencer à te servir vraiment sérieusement de tes études en création littéraire… sait-on jamais… peut-être que Fradet va lire ceci…………. lol 😉

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