Les Mercredis

Comme tous les mercredis, Marcus rejoignait Simone à la sortie de son boulot. Ils avaient pris cette habitude, plusieurs années plus tôt, lorsque Marcus avait changé d’emploi. Attentionnés et amoureux, ils allaient souper dans un nouveau restaurant chaque semaine, découvrant toujours de nouveaux plats, de nouvelles épices et encore bien des côtés cachés d’eux-mêmes. Ils prenaient le temps de goûter la vie. Dans toutes ses formes et couleurs.

Alors Marcus marchait, le guide Resto-Voir en main, d’un pas léger et serein. Le sourire plein la gueule, il retrouvait sa douce tout en se promettant une soirée de rêve.

Simone fumait tranquillement. Elle vit Marcus et lui sourit en allant à sa rencontre.

-Salut!, dit-elle en l’embrassant, comment tu bas?
-Ha ha ha ha! Comment je bas? Je bas très bien et toi? T’as passé une belle journée?

Marcus, si léger, passait ses mains dans les cheveux de sa femme, les lissant vers l’arrière. Il faisait ce geste tous les jours, pour être sûr que le bleu des yeux de Simone brillait encore. Des fois, juste parce qu’il l’aimait.

Le visage de Simone se décontracta.

-C’est quoi ton affaires de bas?
-Hé hé, j’sais pas, c’est toi qui a dit ça.
-N’importe quoi! On mange où?
-J’pensais au Garde-Manger…
-Ah! Mon rêve!

Tout en se dirigeant vers la Volvo 144, Simone glissa son bras sous celui de son amoureux.

-Quelle journée de pus! Mireille n’arrêtait pas de parler de son pépé, pis la nouvelle a renversé sa tasse de pâté sur mon dossier spatial.

Marcus arrêta de marcher.
Simone, deux pas plus loin, se retourna.

-Quoi, qu’est-ce que j’ai mis?
-Trésor, ça va pas du tout…
-Qu’est-ce qui bas pas?
-Tu me niaises-tu? C’est comme pu drôle?
-Ben voyons, Marc, te biaiser avec quoi?
-Ha ha ha ha, ben non, Sim, ça va. Oublie ça, j’pense que j’ai bu trop de café… Viens t’en chanceuse, on va se régaler!

Marcus ouvrit la portière du passager et la referma derrière sa douce. En faisant le tour de la voiture, il enleva quelques feuilles sur le capot et en garda une qu’il trouvait particulièrement jolie. Il s’installa derrière le volant et regarda à nouveau la feuille d’un rouge vif. En la tendant vers Simone, il dit

-Elle est belle, hein? C’est pour toi.

Simone l’embrassa.

-J’ai tellement nain, Marcus!
-On va aller manger.
-J’vais faire une p’tite veste. Réveille-moi…

Marcus mis le contact. Il appuya sur le play de son Ipod, et baissa le volume des haut-parleurs. Les Cyborgs jouaient  Dancy. Marcus se dit que tout allait bien aller. Que ça allait se régler. Il démarra enfin, après une grande respiration.

Tout en essayant de se convaincre qu’il prenait la bonne décision, il prit la main de Simone. Tel un mantra, il se répétait ces quatre petits mots dans sa tête, « ça va bien aller, ça va bien aller, ça va bien aller»… Marcus, serrant un peu plus fort la main de Simone, lui murmura

-Ça va vient pallier…

et se dirigea directement à l’hôpital Notre-Dame.

6 réflexions sur “Les Mercredis

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