Août ’88

Couchés sous un ciel orange et rose de mi-août, Margot tenait la main de Louis et soupirait que le ciel était hallucinant. On aurait dit de la barbe-à-papa impossible à goûter, comme les biscuits sablés qui reposaient sur le haut de l’armoire et qu’elle n’arrivait pas à rejoindre, dans les souvenirs de son enfance. Louis caressait les cheveux fins de Margot et l’embrassait sur le front. Il aimait voir son amoureuse béate devant la beauté naturelle, sa façon d’être touchée par ce qui vivait sans l’aide de l’homme. Une brise chaude les berçait. Margot se blottissait contre Louis, qui la retournait pour la regarder droit dans les yeux. Il examinait les minuscules rides qui commençaient à paraître près de ses yeux, passait un doigt sur ses lèvres, remontait la mèche de cheveux qui lui traversait le visage…

-C’est vrai que c’est beau…

Un peu plus bas, dans la ruelle, Simon reculait dans une sorte de danse en criant :

-Awèye! Awèye! Lance-la, ta p’tite garnotte!

Il attrapa le ballon de ses deux bras, le recevant en plein ventre, lancé de toutes les forces du petit corps frêle de Jonathan. Les rires d’enfants, toujours plus forts, montaient vers le ciel et valsaient avec le vent.

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Une réflexion sur “Août ’88

  1. Hum! C’est beau et si simple une vie idéale comme ça !
    Et, tu sais quoi ? Je suis certaine que ça pourra se reproduire encore en août 2014 ou 19 ou pourquoi pas en 3210 !!!
    Que veux-tu je suis une indécrottable « idéaliste » 😉

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