Malaise

La table était bien décorée et invitante. La nappe était d’une belle couleur rouge, les serviettes de table faisaient de beaux éventails dans les verres à vin, et il trônait un centre de table en sapin avec des bougies vertes et rouges. Les sous plats de couleur or amenaient une touche d’éclat. La salière et poivrière à l’effigie du père noël et d’un bonhomme de neige avait leur traditionnelle place sur la table.

 On savait qu’on allait se régaler, il y aurait une dinde cuite à la perfection, de la farce qui fonderait en bouche, Thérèse avait fait ces traditionnelles atoca maison. France avait elle produite les tourtières qui encore une fois disparaitrait à la vitesse de l’éclair. Des pommes de terre pilées, du pain chaud, des petits pois et des carottes, de la « gravy » maison. Tout serait au rendez-vous pour un repas de noël délicieux.

 L’ambiance cependant semblait fausse, on évitait de se regarder trop longtemps, on discutait de choses triviales comme la température ou les scores du hockey. Il régnait un malaise dans la salle à manger.  Cette année pour la première fois, la famille n’était pas complète, il manquait Jean.

 Jean avait toujours été le bout en train, il souriait toujours, était toujours prêt à aider ces proches. Jean était celui qu’on allait voir quand on avait des problèmes, quand on avait besoin de conseils. C’était le pilier de la famille.

 Tout le monde savait que Jean ne serait pas présent cette année. Tous avaient été affectés par ce qui lui était arrivé. Personne n’arrivait à le croire, mais les faits étaient bien établit. Chaque membre de la famille avait été bouleversé par l’annonce fait plutôt dans l’année. Personne cependant n’en discuta avec les autres membres de la famille. Même ce soir, à un moment où on célébrait la famille, un des seuls moments dans l’année où tout le monde se retrouvait pour passer du bon temps, personne ne parlerait de Jean.

 Contrairement aux années passées où on se retrouvait, souvent très saoul, à jouer à « Fais moi un dessin » aux petites heures du matin. Cette année, tout le monde quitta tôt, prétextant la mauvaise température ou la distance à parcourir pour retourner à la maison rapidement. Tous ont voulu fuir cette ambiance malsaine qui régnait. Personne ne se faisait confiance d’éviter le sujet de Jean avec un peu d’alcool dans le nez. Chacun d’entre eux ont poussé un soupir de soulagement en s’assoyant dans la voiture.

 Pour la première fois depuis longtemps, ce souper de famille avait été une corvée.

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Les convives arrivent

Des petites bouchées sont servies, les verres tintent et des rires éclatent

Sur le lit s’accumulent et s’entremêlent les vestes

Dehors une belle neige de novembre recouvre la chaussée d’un manteau presque virginal

Vives les retrouvailles

On passe à table

Au menu : de la dinde

Un véritable repas traditionnel

Au dessert : une nouvelle de taille

Léa se lève et fait résonner fébrilement le dos de sa fourchette contre son verre jusqu’à ce que le silence se fasse

Un silence de cristal

Tout d’abord merci à tous d’être venus encore cette année célébrer

Je vous aime vraiment beaucoup, mais aujourd’hui j’ai une annonce importante à faire

J’en ai tremblé toute la journée

J’ai depuis toujours un corps de femme – mais je sais qu’à l’intérieur je suis un homme

Aussi dans un mois,  je vais changer de sexe, c’est une décision très bien murie

Et j’aimerais que dès ce soir vous cessiez de m’appeler Léa !

Dorénavant je serai Jean !

Tout de suite le frère de Léa s’est levé pour porter un toast

À ta nouvelle vie Jean !

Et tous à l’unisson se sont levés, le verre au bout du bras :

À ta nouvelle vie Jean !

Noël Blanc

Toute ressemblance avec la réalité est un pur hasard…

Comme tous les 24 décembre, nous sommes réunis en famille à l’occasion du réveillon. Tout le monde est là : Mamie, Papi, ma tante Marie et son amoureuse Lydia, mon oncle Jean et ses enfants, ma mère, mes sœurs et moi. La maisonnée sent bon le ragoût de pattes, la dinde rôtie et les atocas maison. Un air connu et de circonstance s’immisce dans cette ambiance de fête et de bonheur. Malgré mes 16 ans, j’ai permission de boisson ce soir et je tombe dans le punch dès notre arrivée.

Ça parle fort dans le grand appartement de la rue Bernard et pendant que tout le monde se posent les mêmes questions qui reviennent chaque année (Pis, les études? As-tu un p’tit chum?) J’en profite pour m’éclipser. Je sors sur le balcon et retire un joint de mon paquet de clopes. Je l’allume et prends une longue bouffée que je garde prisonnière dans mes poumons. Je répète le procédé à quelques reprises en décompressant : je n’aime pas vraiment cette période de l’année…

En retournant à l’intérieur, je suis transportée par les odeurs : mon oncle Jean a vraiment le tour avec les ingrédients et j’aime toujours me gaver de ses plats. Ma sœur m’agrippe les jambes :

-Veux zouer avec toi!!
-Arrrg, décolle! C’pas l’moment. Va jouer avec les cousins… que je lui réponds en la repoussant, submergée par mes pensées et par les vapeurs du joint que je viens de fumer.

Je me dirige vers la cuisine pour rejoindre les adultes, le pas légèrement lourd. Les jeunes, au salon, dansent, sautent, jouent au toc et me saoulent. Je remplis mon verre de punch et propose d’aider. Jean a tout sous contrôle et n’a besoin de rien.

C’est vers 19h00 que la merde commence. Tout le monde est déjà un peu pompette, à l’exception de mes tantes lesbiennes qui font toujours trop attention à leur consommation. Même Mamie, qui n’en a pas l’habitude, commence à être éméchée. D’ailleurs, elle ouvre de peine et de misère une bouteille de blanc, chancelante.

Les quatre plus jeunes accourent dans la cuisine, tourbillonnant autour de nous comme des chauves-souris.
-On a faim! de crier mon cousin.
-Les kids, c’est Noël, on mangera pas avant minuit! de répondre mon oncle Jean, les deux mains affairées dans les boulettes de viande.
-Mais là! On a vraiment faim! renvoie ma sœur, larmoyante.
-Patience, patience… J’vais vous préparer un p’tit snack, dit finalement ma mère en fouillant dans le garde-manger.

Une heure et quelques sacs de croustilles plus tard, tout le monde jase tranquillement de tout de rien quand les enfants reviennent à l’attaque. On dirait bien qu’ils ont fait un caucus parce qu’ils prennent place autour de la table et agrippent tous leurs couteaux et fourchettes.

Dans un geste mécanique de fanfare, à l’unisson, ils frappent sur la table à deux poings en scandant :
-ON A FAIM! ON A FAIM! ON A FAIM!

Je ne sais pas si c’est le punch ou le joint qui me monte à la tête, ou juste une sorte d’émerveillement devant ces enfants qui réclament à manger, mais tout ça me fait sourire. Je trouve ça beau et amusant. Du coup, je tire la chaise à côté de ma sœur essoufflée du slogan et j’attrape moi aussi la coutellerie. Voilà, je fais partie de la bande.
– ON A FAIM! ON A FAIM! ON A FAIM!

Je rajoute un peu de beat à la mélodie installée par les enfants en tapochant les verres et les bouteilles sur la table. Solo!

Tout le monde rigole. Malgré le tintamarre qui monte vers le ciel, l’atmosphère est encore joyeuse. Mamie, avec difficulté, s’assied et s’empare à son tour de ses ustensiles.
-ON A FAIM! ON A FAIM! ON A FAIM!

J’éclate de rire en voyant la vieille s’intégrer à l’orchestre, pendant que les enfants redoublent d’énergie. Ça doit faire un bon quinze minutes que ça dure. Quelque peu blasée, je me retire de table et décide d’allumer une cigarette sous l’œil désapprobateur de ma mère. Mes deux sœurs arrêtent net leur vacarme et me fixent, sidérées. Mes cousins, eux, n’en font pas un plat; ne remarquant rien, ils poursuivent la symphonie pendant que Mamie renchérit en ardeur.
-ON A FAIM! ON A FAIM! ON A FAIM! 

À peine cinq minutes plus tard, les cousins, fatigués, cessent de tapocher et regardent Mamie qui, elle, a l’air bien partie. Elle n’arrête pas la cacophonie.
-ON A FAIM! ON A FAIM! ON A FAIM!
Elle a les yeux ouverts, mais ne semble plus du tout présente. Comme hypnotisée, elle répète encore :
-ON A FAIM! ON A FAIM! ON A FAIM!
Regard fixant le vide. Ustensiles martelant la table.
-ON A FAIM! ON A FAIM! ON A FAIM! 
-Ok m’man, on a compris j’pense…
Ça, c’est ma mère. 

C’est le silence dans la maison à l’exception du rythme effréné de ma grand-mère. Tout le monde la regarde. Un léger malaise commence à s‘installer.
-ON A FAIM! ON A FAIM! ON A FAIM!
-Maman! Maman, tu m’entends??
Ça, c’est Jean, qui fait une drôle de face, délaissant les oignons sur la planche à découper.
-ON A FAIM! ON A FAIM! ON A FAIM!
-Ok ça fera, là M’man!
Ça c’est ma tante Marie, qui n’a plus vraiment l’air de rigoler.
-ON A FAIM! ON A FAIM! ON A FAIM!
Mamie ne réagit nullement aux apostrophes de sa famille. Il n’y a plus qu’elle dans la pièce, elle et son tintamarre.
-Madame Genest, je pense que votre famille essaie de vous dire que…

Au son de la voix de Lydia, Mamie s’arrête net et tourne la tête vers elle, lentement, ce qui me rappelle étrangement une scène de l’Exorcisme.
-Toi mon ostie de lesbienne, tu viendras pas m’dire quoi faire! Tu fais même pas partie de la famille, criss de charrue de boutch sale!

C’est à ce moment-là que la claque de Lydia part. Pour atterrir direct dans la face alcoolisée de ma grand-mère. Qui tombe de sa chaise. Qui se met à pleurer.
Papi la ramasse.
-Viens-t’en Germaine, on s’en va.

Pendant que Papi lui enfile doucement son manteau, Mamie se plaint qu’elle n’aurait pas pu avoir une fille comme les autres. Que fallait enfanter une maudite lesbienne… 

Dans la cuisine, Marie et Lydia s’engueulent:
-Criss t’as frappé ma mère.
-Elle m’a traitée de charrue sale!
-Calisse, c’est MA MÈRE! crie Marie. Elle attrape son manteau et sort en trombe avant même de l’avoir sur le dos.
-Marie, attends! supplie Lydia en la poursuivant.

21h12. Reste plus que nous et la petite famille de mon oncle Jean. On est tous assis devant le téléviseur, à regarder ciné-cadeau. Il n’y a qu’Astérix qui parle. Nous, on fait silence en avalant robotiquement un bol de ragoût pas assez mijoté, les yeux rivés sur l’écran.
-Criss de beau Noël, dit Jean, en avalant une bouchée qui semble lui coincer dans la gorge.
-Criss de belle famille, que je rétorque en callant, d’un trait, un nouveau verre de blanc.

Le bénédicité

Dehors novembre. La nuit est tombée tôt. Une petite famille attablée dans sa salle à manger attend impatiemment d’attaquer le repas. Le père, un brin moqueur, observe lentement sa fille, son fils, et sa femme – à tour de rôle.

D’un air étonné, ils le regardent tous, stoppés dans leur élan gourmand – fourchettes bien garnies en main.

Jean dit :

« Avant de commencer à manger, j’aimerais qu’on dise merci. Merci à la vie de nous avoir réuni! On l’oublie souvent – parce qu’on tient ça pour acquis – mais on est très chanceux de déguster chaque jour des plats aussi délicieux.

Merci à notre bonne santé qui nous permet de travailler pour gagner notre vie, même si le matin ça nous tente pas toujours! Ça nous permet de vivre dans cette maison. Et elle est petite, notre maison, elle est loin d’être parfaite, mais vous conviendrez comme moi qu’elle est beaucoup plus confortable que les bancs de parc dehors!

Merci à la vie de nous avoir envoyé deux beaux enfants. Ils ont la chance de fréquenter l’école, d’être aimés : ils peuvent envisager l’avenir avec confiance.

Merci pour l’amour qui nous unit toujours, même les jours où on s’arracherait les cheveux de la tête! On est privilégiés. Tout le monde devrait pouvoir bénéficier d’une vie bonne comme la nôtre.

Et pour que ça continue, chaque jour, donnons le meilleur de nous-mêmes. Ensemble, nous contribuerons à construire un monde toujours plus beau, plus sain et plus équitable. »

Silence.  Les enfants ont les yeux ronds.  Les fourchettes reposent toujours en suspend.  Esther hausse les sourcils, sourire taquin aux lèvres.

« Amen? » suggère-t-elle.

Jean dit :

« Amène donc cette fourchette à ta bouche mon amour… pis donne-moi des nouvelles de cette lasagna Dipapa! »

Deux enfants enthousiastes crient instantanément «Yé!» et plongent une bouchée dans leur gourmandise grande ouverte.

Les yeux fermés, ils savourent le bonheur que leur procurent leurs papilles gustatives.  «Hmmmm!»  Ça goûte bon, l’instant présent!

Jean envoie un clin d’oeil à Esther. Oui, la lasagne est bonne, le vin est bon…

Et la vie aussi.

Télékin & fils

Congé de Pâques, la famille élargie est attablée autour d’un plat en sauce. Émilie est satisfaite : les adultes parlent fort, surtout Tonton Henri qui commence déjà à raconter ses blagues grivoises tout en pinçant les fesses de sa femme, les cousins font un concours de grimaces en bout de table, Thérèse semble captivée par les déboires de Nathalie au travail – tout le monde sait que Thérèse est sourde comme un pot mais Nathalie ne perd jamais une occasion de se plaindre et Thérèse est bien trop heureuse que quelqu’un lui accorde un semblant d’attention – tout semble donc bien se passer aux yeux d’Émilie, ou plutôt, tout semble se dérouler normalement, même si, évidemment, il faut s’attendre à tout de la part de Jean.

À 8 ans, Jean est un petit garçon très discret, réservé, presqu’asocial. Un petit garçon qui, malgré ses bons résultats scolaires, inquiète suffisamment la maitresse pour qu’elle ait demandé à rencontrer Émilie la semaine passée.

« Il vit beaucoup dans sa tête, il interagit très peu avec les autres… Parfois j’ai même l’impression que c’est parce que les amis ont peur de lui. Comment ça se passe à la maison? »

Cela n’avait qu’alimenté le désarroi d’Émilie face au comportement de son fils. L’impuissance et l’incompréhension l’enrageaient parfois – une réplique sèche avait fusé de sa bouche et elle avait pris congé de Madame Loulou sans plus attendre.

Jean nivèle les petits pois dans son assiette, puis entreprend de les aligner en spirale. Émilie retient sa respiration puis détourne le regard, tous les enfants font ça (mais pas aussi vite!), tout va bien (qu’est-ce qui va se passer, encore?), il ne faut pas tirer de conclusions hâtives (mon fils n’est pas normal), il est temps d’ouvrir une nouvelle bouteille de vin. Elle cherche des yeux son mari, mais Marc-André est parti au sous-sol montrer sa cathédrale en cure-dents à Henri. Émilie se lève, attrape une bouteille de Masi dans la cuisine, revient promptement à table, un limonadier à la main. Elle jette un coup d’œil à Jean dont l’assiette évoque une œuvre dadaïste : les petits pois s’entassent en formes complexes défiant les lois de la gravité. Ça y est, ça commence.

« Jean, ne joue pas avec la nourriture, mon chéri. »

Jean relève la tête et sourit à sa mère, un petit pois en équilibre sur le nez.

« Jean – S’IL*TE*PLAIT, articule Émilie en écarquillant les yeux pour insister sur les syllabes qu’elle a prononcées à la muette.

Un petit pois vient d’atterrir dans le verre de vin de Thérèse, qui n’a rien remarqué. Pourtant Jean n’a pas bougé. Des frissons parcourent l’échine d’Émilie.

« HAHAHA! » Jean éclate de rire, Émilie sursaute et échappe sa bouteille, Marc-André, qui était remonté entre temps, rattrape ladite bouteille de justesse on ne sait pas comment, et dans la foulée, glisse un baiser dans le cou de sa femme puis débouche le Masi d’un geste aérien en lançant un clin d’œil à son fils. Émilie a toujours admiré la dextérité quasi-surnaturelle de son mari. D’habitude, cette fluidité de mouvement l’hypnotise, elle passerait des heures à regarder son mari vaquer à ses affaires. Mais là, Émilie se laisse tomber lourdement sur sa chaise, les lèvres tremblantes : un autre petit pois coule lentement dans le verre de Thérèse. Elle se frotte le front, l’air épuisé.

Marc-André lui glisse une coupe sous le nez, puis contourne la table pour se pencher vers son fils, assis à l’autre bout. Il chuchote quelque chose à l’oreille de Jean et se redresse en souriant à son fils, qui le regarde avec l’air honteux de quelqu’un qui vient d’être pris sur le fait. Émilie, qui n’a rien perdu de la scène, jurerait que Marc-André a demandé à son fils d’être plus subtil.

Un dernier souper de famille…

« … Alors bon appétit tout le monde! »

C’est ainsi que débuta le repas. Marcel T Trudel venait de faire l’éloge de son frère aîné, Jean S Trudel. Celui-ci avait rendu l’âme quelques jours plus tôt, et par un dernier souper, on lui rendait en quelque sorte hommage, selon ses propres dernières volontés.

En tout, il devait y avoir une bonne trentaine, voire même une quarantaine d’invités. La soupe fut servie, les verres à vin vidés et remplis de nouveau. Les discussions allaient bon train. Quelques rires par-ci, quelques larmes par-là… Vint ensuite le plat principal. Rien de trop compliqué, selon les désirs du défunt; viande, pommes de terres (en purée ou au four, selon les goûts de chacun!) et brocolis au beurre. Un choix de sauce brune ou blanche était aussi proposé, « pour ajouter du goût pis d’la couleur » avait-il spécifié. Et puis, à la fin fut servi un simple dessert à l’image de ce cher « grand fou » de Jean, (comme l’aurait appelé la cousine Céline, mais ça c’est une autre histoire!), c’est-à-dire une pâtisserie garnie de compote de pommes, « des Estrudels » comme il les appelait. Rendu au café, la famille étant plutôt bien repue et joyeuse, parlait de lui en se remémorant souvenirs et anecdotes diverses;

– « Il était toujours de bonne humeur, même à la « faim! » (rires)

– Il avait si bon goût… Et son humour. Toujours le mot « pourrir! » (autres rires)

– D’un humour savoureux, que j’ajouterais!

– Moi, c’est du sel que j’ai ajouté! (encore plus de rires)

– Et vous avez vu? Il y avait des doigts dans les saucisses! (francs éclats de rires)

– Jean, Jean, Jean… J’en reprendrais bien un petit peu! » (hilarité générale)

Et puis tranquillement, tous les convives s’en retournèrent chez eux, en gardant un bon souvenir de cette soirée mémorable. Tout ce qu’il restât alors de Jean fut l’affiche à l’entrée, avec sous sa photo la légende suivante :

« Jean S Trudel, souper de famille »