Homard m’a tuer

Madame Carole,

Peu font cas de la violence aux animaux, mais permettez-moi de m’étonner tout de même quand vous me dites que je suis la seule à m’insurger devant la cruauté de vos actes. Certes, Tout le monde à poêle est loin d’être une émission respectueuse, et ce, à bien des égards, par commencer envers ses auditeurs. Passons.

Je reprends la plume pour exiger un peu de décence de votre part ! Si vous ne souhaitez pas retirer cette vidéo de l’Internet, ayez au moins l’obligeance de couper ce double meurtre en direct !

Vous dites – je cite – « Y’a rien senti câlisse ! » mais à 3 :05, on voit très bien que la pauvre bête tente de s’échapper à votre insu. Or, comment voulez-vous qu’un homard fasse preuve d’autant d’ingénuité pour s’enfuir s’il ne sentait rien, je vous le demande ? Je vais vous répondre, moi, madame : ce qu’Hector (et non Rolland !) a ressenti à ce moment-là, c’était de la TERREUR, la peur de mourir au court-bouillon !

Ma seule consolation est qu’il vous ait pincée – ne le niez pas, on voit tout à 3 :12 – un acte courageux de rébellion posé en exemple à tous les homards du monde entier.

En espérant que ces quelques mots vous feront réfléchir…

Mademoiselle É. Crevisse, indignée.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Omar_Raddad

http://toutlemondeapoele.com/2012/12/21/le-homard-thermidor/

La vaisselle de Noël

Bon… C’était bien bon tout ça, mais maintenant que tout est mangé et que seuls ne restent les vestiges de cette soirée, il faut ramasser. J’aurais du y penser hier soir, mais j’étais un peu trop paqueté pour m’y mettre!

Vider les assiettes des restants de peau et d’os de dinde, les quelques morceaux de feuilles de laitues, les oignons ici, les champignons là… La dernière bouchée de farce ou de purée de pommes de terre se détrempant dans les vapeurs de vinaigrette césar. La poubelle aussi va manger gras cette année!

Les miettes de pains, de gâteau aux fruits, les verres de vin séché, les taches de sauces diverses, pour la fondue, la dinde trop sèche et la petite huile-vinaigre balsamique pour le Ciabatta, sur la nappe, la table les chaises et même par terre… C’est le foutoir dans ma cuisine! Et encore, je ne parle pas de la pile de plats ayant servis à faire cuire, réchauffer, transvider, séparer… Les ustensiles collés, les louches rendues très louches et les cuillères spatules et autres malins instruments ayant servi à triturer la boustifaille. Le tout s’empilant sur mon comptoir, près de l’évier. Sur la table sont restés les pots de condiments les beurres, (régulier, à l’ail, demi-sel) et la maudite margarine qui essaie de revendiquer sa place! Les fonds de tasses de cafés, avec ou sans alcool, les thés, les tisanes, les jus, le lait… Il ne reste plus un verre ni une tasse de propre!

Ah! Mais ce fut vraiment une belle soirée! Avant que Roger insulte Rita, qui pourtant n’avait que renversé sa deuxième coupe de vin, la première sur la table, et celle-ci sur l’entre-jambe de Roger. Probablement que si elle avait voulu le nettoyer en frottant, il aurait moins crié… L’alcool aidant, les premiers plats furent repoussé devant les coudes levés bien haut. Les premières cigarettes écrasées dans les bols de soupes, pas tous vidés.

Ensuite ce sont les enfants de Pierre et Ginette qui couraient partout qui ont commencé à taper sur les nerfs de tout le monde. Les petits sacripants avaient commencé à faire des leurs en réalisant que le chat et le chien furetaient sous la table pendant le repas. Alors en douce, ils avaient gavés les deux bestiaux de tout ce qui leur tombait sous la main. Je trouvais ça curieux que deux jeunes gamins d’au plus 100 livres à deux puissent manger autant! J’ai compris quand le chien à répandu le contenu de son estomac sur les manteaux de la visite, disposés sur notre lit, en courant après l’ostie d’chat qui lui pensait s’en sauver sous les fourrures…

Alors en plus d’une note salée de nettoyeur, d’une soirée de fou et d’un mal de crane de lendemain de veille, il faut que je me tape toute cette vaisselle… « Et plus vite que ça, on reçoit ce soir, des amis du travail », que vient de me confirmer ma douce qui elle, repart avec ma carte de crédit pour aller faire des achats de dernière minute… C’est certain, on est le 26 décembre, après tout c’est le boxing day!

Et dire que la semaine prochaine pour le jour de l’an, on recommence dans sa famille!

Quel calvaire

« Le matin quand tu t’réveilles,
que t’as pris un coup la veille
Quel calvaire » *
Tu penses à ton gros patron
À sa grosse face de cochon
Quel calvaire
Tu décides de l’appeler
De prendre ta voix d’enrhumé
Quel calvaire
Tu calles malade à matin
Ça fera chier l’gros crétin
Quel calvaire

(*: extrait de « Quel Calvaire », une chanson de Plume)

YOLO!!

– Tsé dude, Drake il le dit dans sa chanson The motto

– Qu’est-ce qu’il dit?

– Il dit: « You only live once: that’s the motto, Nigga, YOLO ». C’est pour ça que je rentre pas travailler.

– Ouais,  mais y’a Sigmund Freud qui a dit: « être normal c’est aimer et travailler »

–  Ok, mais Alice Parizeau l’a dit: « L’art de réussir consiste à faire travailler les autres. » Et c’est exactement ce que je fais.

– Ok dude, whatever… Tu fais ben ce que tu veux.

Off

J’ai callé off à la job à matin. Faut dire que quand j’ai entendu Fernand Gignac chanter Donnez-moi des roses, à sept heures, directement du ventre de mon cadran, tout a basculé. J’ai pas eu le choix, j’pouvais plus me lever. Comme collé aux draps, impossible d’en sortir. J’ai allongé mon bras pour attraper mon téléphone et j’ai callé off. Et je me suis rappelé ce qu’Henri Salvador disait : « Le travail c’est la santé, rien faire c’est la conserver ». Alors j’ai refermé les yeux, j’ai oublié que j’étais incapable de bouger et je me suis rendormi.