Les chiens de guerre

Je suis assis et je regarde au loin un nuage de fumée

La terre vient tout juste de trembler

Il y a eu d’abord un étrange silence

Puis une énorme explosion

Je regarde devant moi

Je lève mon derrière et je poursuis mon chemin

Je suis mon instinct

Je longe les murs

Il y a l’odeur du sang

L’odeur de la peur

Des corps démembrés jonchent le sol

Mais j’avance

Dans ce désordre humain

Un militaire me fait signe

Il y va même d’onomatopées

Il pose un genou au sol – qu’est-ce qu’il est drôle

Il ouvre sa main

Il m’offre une partie de son butin, de sa maigre pitance

Mes flancs aux côtes saillantes lui renvoient sûrement une image de lui-même

Jamais les hommes n’aiment autant les chiens qu’en temps de guerre

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Une réflexion sur “Les chiens de guerre

  1. « Il pose un genou au sol – qu’est-ce qu’il est drôle »
    C’est vraiment en se mettant dans la maigre peau d’un chien de guerre que cette phrase, pour moi, donne autant de pouvoir au texte entier! J’adore!

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