Good luck Bad Luck

Au mois de novembre, elle devait partir en voyage avec son nouveau copain pour la République dominicaine. Quelques semaines avant le départ, il s’est déchiré les ligaments du genou en jouant au hockey. Opération requise, dure convalescence, voyage remboursé, couple déçu, mais résigné.

Deux mois plus tard, son copain en convalescence (ultra trop déprimé) la laisse, pendant le temps des Fêtes. Elle prend l’avion de Sept-Îles à Québec pour ramasser chez lui ses affaires, puis elle file seule à Montréal pour fêter le Jour de l’an dans sa famille.

De retour chez elle, début janvier, elle hésite. Devrait-elle partir seule dans le Sud et se mettre enfin les pieds dans le sable, partir s’éclater dans la neige des Monts-Valin, ou attendre au mois de mars pour un potentiel compagnon de voyage?  Le Sud l’appelle, de tous ses palmiers : elle le choisit.

Elle achète son voyage. Elle est enthousiaste! Le lendemain, elle met ses bagages dans son char et roule quelques kilomètres. Dans une courbe, elle perd le contrôle à 100km/h à cause d’une plaque de glace.  Pendant que l’auto effectue plusieurs tonneaux – et qu’elle se fait brasser la cage comme une poupée de chiffon – elle se dit, un peu mollement : «Ah, câline… pas encore… pas vrai… Steinberg!». L’auto s’immobilise. Son voyage fout le camp. Elle appelle les policiers. Elle monte avec eux à l’hôpital de Sept-Îles – elle n’a rien de grave. Des courbatures. Sa voiture, par contre : ouf.  Dire qu’en plus, elle est passée à un mètre de frapper un poteau… Ça en aurait été fini là. Mais la vie n’en a pas fini avec elle – ça fait longtemps que ses bad lucks ne l’embêtent plus.  Comme un chat, on dirait qu’elle a neuf vies. Une résilience exemplaire, tout du moins. Deuxième voyage remboursé.

La compagnie d’assurances lui prête une voiture de location en attendant la réparation de son auto. Elle fait quelques commissions avec cette voiture à Sept-Îles et… POW, une crevaison!  Un court instant, elle se demande si Surprise surprise ne préparerait pas une nouvelle saison. Le véhicule est remorqué. La réparation est faite rapidement. Elle retourne chez son frère pour le saluer, puis elle reprend la route vers chez elle.

Soixante kilomètres plus tard sur la 138 – dans une zone où les ondes cellulaires ne fonctionnent plus et où les voitures passent à la demie-heure – elle perd subitement le contrôle de l’auto mais réussit à la ramener sur la voie.  Ça sent le caoutchouc brûlé, tout d’un coup… quel est ce drôle de bruit… elle s’arrête. Merde! Deuxième crevaison! Elle n’en revient pas. Elle sort et saute et agite ses bras devant les quelques véhicules qui passent. Le deuxième véhicule utilitaire sport qui s’arrête a un cellulaire satellite: bingo!  Revoilà le towing du matin! Mine de rien, elle commence à bien connaître le gars.

Elle passe finalement le week-end chez son frère à Sept-Îles en plein hiver avec des vêtements d’été dans ses bagages, un tuba, un masque de plongée et de la crème solaire.

Comme sa vie est plus croustillante ces temps-ci que n’importe quelle série américaine, je dirais qu’elle risque bientôt de gagner le gros lot, de rencontrer l’homme de sa vie (peut-être un remorqueur?) ou d’apprendre que l’avion qu’elle aurait dû prendre pour s’envoler dans le Sud s’est… écrasé. Déjà que les avions d’Air Canada Jazz ont des problèmes ces temps-ci – et c’est avec cette compagnie aérienne qu’elle s’est déplacée dans le temps des Fêtes… Décidément! La réalité dépasse parfois la fiction.

Nos choix peuvent nous mener partout, dans la vie. Même là où on ne pense pas aller.

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