Si je pouvais parler je dirais ceci

Quand il s’assoyait derrière moi, immédiatement je me sentais enveloppé, mon dos se lovait contre lui comme sur un lit douillet. Je devenais entre ses mains l’objet le plus précieux du monde. Il aurait facilement pu me broyer de ses dix doigts, mais il me chérissait et pinçait mes quatre cordes avec amour.

Au début, il grattait toujours un rythme doux puis, à travers ma caisse,les vibrations de sa voix immense s’ajoutaient à mes harmonies. Je paraissais minuscule, à ses côtés… ç’en était presque ridicule. Comment un ukulélé aurait-il pu faire autrement dans les bras d’un géant de 343 kilos?

Il est parti trop vite, à trente-huit ans. On aurait pu s’amuser encore longtemps, lui et moi. Ma carrière s’est arrêtée en même temps que sa vie.

On a jeté ses cendres à la mer à Mākua Beach; moi, on m’a remisé et scellé dans une vitrine d’exposition près d’une photo de nous deux, flanquée d’une affichette.

 

Iz et ukulele

Ukulélé ayant appartenu à Israel Kamakawiwo’ole
Le Doux Géant
Aloha, IZ! Mahalo!
Hawaii, 1997

 

 

 

Et quelque part au-delà de l’arc-en-ciel de flashs qui m’éclaire, parfois, il me semble l’entendre encore chanter:

Somewhere over the rainbow,
what a wonderful world…

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2 réflexions sur “Si je pouvais parler je dirais ceci

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