Pour voisin consentant

Je t’imagine fort comme un bœuf. Quel mystère entretiens-tu au-delà du mur? Nous ne nous sommes jamais vus encore. Tu dois sentir le musc et la forêt de pins, avec une longue tresse épaisse façon héros. Viril et suave. Les épaules larges comme le cadre de la porte ou à peine un peu moins pour pénétrer chez moi avec élégance, en milieu d’après-midi sans avertir.

Je prends la sieste, tu ouvres, je me demande si j’ai vraiment entendu quelque chose. Le prélart, lui, grince de plaisir. Tu passes d’abord à la douche comme si tu étais chez toi. Durant ce temps court, je suis cachée sous le drap. Je me dis quel culot d’entrer sans prévenir. L’eau s’éteint.

Tu avances dans ma chambre et je recule dans ma tête. Drôle de bête. Nous sommes maintenant l’un contre l’autre avec les nez qui sentent. Je hume, tu humes. Nous allons envoyer en l’air une grande aventure, c’est écrit sur nos peaux. Tu passes en revue mes formes que tu parais connaître mieux que moi. Je m’exerce à déployer des séquences empruntées aux anales. Nous léchons comme il faut. Tes lèvres contre mes lèvres. Ma branche contre ta branche. T’en prends, j’en perds, on est chaud et on s’emmêle.

S’aimer sans paroles.

Il y a longtemps que j’y pense.

 

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