La deuxième fois

Vingt-trois heures. La musique est forte, les gens sont entassés sur le plancher de danse, il fait chaud. Jacob est au bar, vodka à la main, il regarde, observe tout ce qui l’entoure. Soudainement, un sourire se dessine sur ses lèvres, ses yeux se sont posés sur une jolie demoiselle. Elle est assise seule au bar, elle semble se demander ce qu’elle fait là. Jacob s’approche tranquillement, en prenant soin de garder sa cicatrice dans l’ombre, un grand sourire sur son visage. La jeune femme lève les yeux et un sourire apparait aussi sur ses lèvres. Jacob lui offre un verre, elle accepte, ils discutent, elle rit; tout semble aller pour le mieux. Puis Jacob tourne la tête et la jeune femme voit la cicatrice. Soudainement, elle ne rit plus, elle semble mal à l’aise, elle s’excuse pour aller à la salle de bain. Jacob a vu dans son regard le dédain qu’elle éprouve pour lui. L’hypocrite, encore une qui ne se fie qu’aux apparences. Elle ne le sait pas encore, mais elle aurait plus changé la vie de Jacob, elle aurait pu lui redonner foi à la vie. Elle ne le sait pas encore, mais elle vient tout juste de changer son destin. Elle quitte pour la salle de bain, après vingt minutes, elle n’est toujours pas revenue, Jacob n’est pas vraiment déçu, il s’en attendait. Il balaie l’endroit du regard et il l’aperçoit dans un coin, verre à la main en grande conversation avec un autre mec. Peu importe, quelque part à l’intérieur de Jacob, une petite excitation nait. C’est ce qu’il voulait dans le fond. Il quitte le bar.

Trois heures le matin. Jacob est dans l’embrasure de la porte du commerce faisant face au bar, il attend depuis plusieurs heures, il n’est pas inconfortable et n’est pas anxieux, il sait que l’attente arrive à sa fin. Il la voit sortir du bar, seule…. Parfait. Elle commence à marcher et lentement Jacob la suit de l’autre côté de la rue. Après dix minutes de marche, ils ont quitté les rues occupées du centre-ville, Jacob se dit qu’il aurait dû traverser la rue quand il y avait plus de monde, quand, surprise, elle traverse la rue. Sourire aux lèvres, Jacob accélère légèrement le pas, ils arrivent en même temps au même point, face à l’entrée d’une ruelle sombre. L’occasion rêvée, c’est fantastique comme le destin fait les choses. En un mouvement sûr, Jacob prends son couteau d’une main et le collet de la jeune femme de l’autre et l’entraine dans la ruelle, elle n’a pas le temps de dire un mot.

Une mélodie sort de la fenêtre d’un appartement donnant sur la ruelle. Cette mélodie, jamais Jacob ne l’oubliera, elle lui rappellera toujours la première fois qu’il ressentit le plaisir de sentir le parfum d’une femme, le plaisir d’un contact humain, d’un peau à peau. Il n’oubliera jamais la première fois qu’il prit une femme. Cette douce mélodie lui rappellera toujours le bonheur qu’il connut lorsque le couteau brisa la chair de la joue droite de cette femme, lorsque le sang commença à couler entre ses doigts. Ces quelques notes lui rappelleront toujours sa première victime, ou plutôt sa deuxième….

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