63e thème

Thème :

Démission

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2 réflexions sur “63e thème

  1. Mon amie Démissionne

    La première fois que j’ai pris conscience de sa présence, je filais un mauvais coton. De la savoir là, ça m’avait d’ailleurs un peu déstabilisée. Je due convenir que je me sentais attirée. C’était la première fois que je vivais cet état d’âme. J’étais toutefois très consciente que mes parents n’approuveraient pas, et c’est avec un petit pincement au cœur que je m’éloignai d’elle.

    J’avais 12 ans.

    Un tirage au sort m’avait permis de remporter un prix : un cours de guitare d’un an. Cet apprentissage me fit découvrir alors une douleur physique autre que la claque aux fesses. Ce rappel à l’ordre dont se prévalaient mes parents à l’époque avait, disons-le, un effet instantané. Pas « la volée » là. Non. La claque c’t’assez-là-va-dans-ta-chambre. Celle qui pinçait sur le moment et qu’une heure plus tard il n’en restait qu’un orgueil mis à l’épreuve.

    Cette douleur était loin de celle que je découvrais pendant mes cours de guitare. Cette dernière était associée à un plaisir et une satisfaction telle, que je persistais malgré l’imploration de mon cerveau qui me disait d’arrêter. L’écoute de mon plaisir me permis de gagner une bataille sans le savoir, puisque la persistance m’avait conduit à cette victoire. Mes doigts endoloris de tant d’efforts faisaient état de preuve. Je savais jouer de la guitare et pas qu’un peu.

    Insidieusement, la présence que j’avais fui à 12 ans refit surface plusieurs années plus tard. Telle une salvatrice, elle réapparut lors d’un petit découragement. Bien que de la savoir là me réconfortait, je n’osais toujours pas m’en approcher. Il était pourtant évident pour moi que de communier avec elle m’aurait apporté un soulagement. Mais je compris assez vite qu’elle serait toujours là. Chaque période creuse m’apportait son support auquel je n’avais qu’à m’accrocher.

    Avec les ans je pris un malin plaisir à lui résister. Elle se faisait si insistante dans son silence. Ses promesses étaient si tentantes qu’il m’arriva toutefois de succomber à ses plaisirs. Plus d’une fois. Qu’elle délivrance. Dans chaque combat elle s’offrait à moi, et j’étais sa reine.

    La sagesse faisant son œuvre, je su quand faire appel à elle et quand passer outre. Jamais elle ne s’en est offensée. Elle restait là, prête. Elle ne m’a jamais déçu. Elle est toujours là d’ailleurs. Elle veille.

    Avec le temps, j’ai appris qu’il faut choisir ses batailles. Alors quand je dis : « OK. Là, j’ai tout essayé . Je démissionne !!»…. et elle m’ouvre les bras.

  2. Dérouter le lecteur, piquer sa curiosité, le forcer à tout lire pour connaître la fin. Et bien Johanne, voilà l’effet que ton texte m’a fait à moi, qui ne suis pourtant pas un accro de lecture.

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