64e thème

Thème :

Le masque

Contrainte:

le texte ne doit contenir aucune négation.

 

Nous souhaitons la bienvenue à trois nouveaux auteurs cette semaine: Isa, Andrée et Sylvain! On a hâte de vous lire!

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Une réflexion sur “64e thème

  1. Le premier qu’il mit était tout rose. C’était une teinte qui lui allait assez bien, considérant son âge. Alors que d’autres portaient le rouge écarlate ou le blanc laiteux, lui arborait le rose en hurlant à tous vents.
    La femme qui le regardait, su, dès cet instant, que c’était le début d’une grande mascarade, et qu’elle serait dorénavant sa plus grande admiratrice.

    Elle s’était toujours tenu loin d’être fan de qui que ce soit. Bien sûr elle savait reconnaître le talent. Elle savait aussi se laisser emporter et demeurer presqu’en transe à l’écoute d’une pièce musicale ou d’une voix. Mais au point de devenir une fan ?

    Le terme « groupie » la faisait sourire, et dès qu’elle l’entendait, les lettres devenaient « harpie ». Le visuel qui s’imposait alors était terrifiant, et encore davantage de penser qu’elle aurait pu y être associée.
    Mais voilà, force d’admettre que cette fois elle s’était laissé prendre au jeu.

    En quelques mois, il comprit l’impact qu’il avait sur cette femme. Et dès lors, il la tenait dans le creux de sa main. Bien qu’ayant déjà gagné son cœur, maintenant c’était toutes ses pensées qu’il conquérait.

    Prisonnière de son propre regard, ce dernier lui renvoyait ce qu’elle prenait un plaisir à observer. Il était toujours surprenant et même quelques fois méconnaissable.

    Il s’amusait de la voir admirer sa façon de faire. Il lui servait de l’émotion au travers ce qu’elle voyait. Dans ses moments les plus vulnérables, la femme tentait de rester détachée à sa vue. Mais toujours, il y avait cette soumission du cœur que seule la raison réussissait à la sortir de sa dépendance.

    Les années s’écoulaient et elle lui demeurait fidèle. Elle apprit à le connaître davantage et ainsi à lire ce qu’elle voyait. C’est ce qui la rapprochait de lui. Alors que, de temps à autres, il tentait de s’effacer, grand bien fait y fasse, les années avait gain de cause.

    La femme, esclave de ses sentiments envers lui, savait lui reconnaître tous les changements; son bonheur de la voir, sa honte, quelques fois, qu’elle soit là, ses mensonges, sa tristesse dans l’adversité, sa joie dans la victoire, son indifférence blessante, son besoin silencieux d’elle.

    Mais heureuse d’avoir été là pour lui, pendant tout ce temps, elle savourait ce qu’elle voyait maintenant. Sur la petite photo, bien qu’un peu ternie, elle regardait le premier qu’il mit, tout rose.

    Devant elle maintenant elle voyait l’homme qu’il était devenu.

    De tous ces masques qui s’étaient collés à sa peau, elle voyait le plus beau. Elle le prit entre ses mains. Sur ce dernier elle voyait ses propres yeux qui la regardaient, alors que le masque de reconnaissance et d’amour prenait forme sur le visage de son fils.

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