La chaine

Allongé sur le lit, il regardait sa réflexion dans le miroir au plafond. Il était pensif. Il était incapable de savoir s’il était heureux, comblé. Plusieurs hommes auraient probablement donné beaucoup pour être à sa place, c’est ce qu’elle lui répétait souvent. Peut-être devait-il arrêter de chercher un sens à sa vie, essayé d’en profiter un peu.

Son regard balaya la pièce, il se posa tout d’abord sur les murs, couleur rouge vin, mais surtout couvert de miroirs, pour ne rien manquer de l’action. Le plancher couvert d’un tapis épais et blanc comme la neige était presque aussi confortable que le lit. Et que dire du lit, il s’agissait d’un énorme lit à baldaquin. Les draps rouge et noir de la plus haute qualité possible, mais pas en satin… c’était trop glissant. Ce lit était la raison d’être de cette chambre, sans ce lit, elle perdait tout son sens. Finalement ces yeux se posèrent à nouveau sur sa réflexion au plafond, le dernier morceau de cette chambre, lui un beau male comme on l’entend souvent. Grand, teint basané, pas un poil, juste assez musclé, de beaux cheveux blond, bien bâti et bien équipé. À son pied droit une chaine qui était solidement attaché au pied du lit.

Cette chambre était tout son univers, il ne se rappelait pas comment il y était arrivé, qui il avait bien pu être avant, combien de temps il était enchainé à ce lit. Son temps était passé à la solitude ou a faire l’amour à la femme à qui il appartenait. Parce qu’elle lui répétait ça aussi souvent. Il lui appartenait, il n’était qu’un objet, il devait absolument faire tout ce qu’elle lui demandait.

Son regard se posa sur son pied une fois de plus. Depuis quelque temps, il aimait bien s’imaginer pouvoir l’enlever, pouvoir être libre de cette chaine. Il voulait voir l’extérieur, voulait connaitre ce qui existait en dehors de cette chambre.  Peut-être qu’il pourrait vivre sans pied, peut-être que ça l’en valait la peine. Il se pencha et ramassa le couteau qu’il avait caché lors de son dernier repas. Il fit plusieurs incisions autour de son pied. Il lui demanderait de retirer la chaine lors de sa prochaine visite. Il lui dirait qu’il n’a plus l’intention de partir, et que comme la chaine le blesse, peut-être qu’elle pourrait être clémente. Ensuite, il ne lui restera qu’à trouver comment sortir d’ici.

 

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