Un pied qui ne veut pas mourir

Depuis le jour où l’on m’a servi du pied de brocoli en accompagnement chez la tante d’un ami, et qu’à mon grand étonnement je l’ai trouvé très tendre et bon, je me fais un devoir de ne pas les jeter tous. Surtout ceux du marché, frais et savoureux.

Cas classique, cette semaine j’en ai un qui me hante dans le tiroir du frigo. Je l’ai en tête depuis plusieurs soupers déjà. J’ai mangé sa tête il y a plusieurs soupers déjà. Le problème est que je ne sais pas résister à l’achat de nouveaux légumes sur le chemin du retour. La saison bat son plein, les kiosques sont multicolores et odorants. Cela m’inspire à chaque fois. J’aime rentrer à la maison avec un légume neuf. Surtout après une journée de boulot.

Pleine de bonne volonté ce soir, je me dis que je trouverai sur le web la recette parfaite qui saura nous soulager enfin. Et voilà que de blogue en blogue de cuisine, je m’égare dans l’anecdote scientifique. Je découvre qu’en plus de ses propriétés anticancer, un composé de brocoli (également présent dans les choux de Bruxelles et le chou) bloque une enzyme destructrice qui endommage le cartilage. Évidemment qu’il est fantastique, il se bat aussi contre l’arthrose. Aussi évident que je perds encore mon temps.

Alors je me concentre comme je peux à recentrer mon attention sur l’idée de départ. Réussir à saliver sur quelque chose, ne pas passer la nuit sur la question. Cela doit déjà bien faire une heure que j’ouvre des pages sur le brocoli. Je regarde, tris et lis avec mes sens, rien n’y fait, je reste sèche et de marbre. L’une de ces journées où l’on n’a envie de rien, où l’on s’use beaucoup d’énergie pour peu. Voilà que j’en ai mal au cœur même. Comme déjà trop mangé d’avance.

Assez jonglé, j’envisage maintenant des scènes à l’encontre de mes principes moraux. J’en ai marre de me sentir coupable de gâcher du vivant ou des choses. Ce brocoli ne va pas miner ma vie. Je ne sais d’ailleurs plus s’il est du genre vivant ou chose.

Je fais un compromis et je le fous au compost. Il sera utile au moins. Et je passe au céleri. Je ne resterai pas prise encore avec un pied, ça c’est certain. Fini les angoisses. Juste les feuilles à gérer maintenant…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s