Île flottante

Morceau d’étoffe découpée

Dans le ciel tu perces

Tu rehausses le ton

Des nuages ombrageux

Dérivante seule

Folle, forte et grosse

Ton passage sème l’émoi

Ils lèvent tous les yeux

Vue plane en dessous

Arcane d’en haut

Page blanche de travers

Au devenir supposé

Ils seront mille sur toi

Serrés mais pas célestes

Pompant dans ton coeur

Jusqu’à s’écraser

30 vies

Il s’est toujours senti traqué. Parce qu’il avait sa graine de délinquance et l’art d’accueillir les mésaventures, de sa vie d’homme. Ce n’était ni la faute de sa mère, ni celle de son père, ni même de son quartier citron. Ce jeune avait toujours attiré les voyous et inspiré le pire. Il s’impliquait beaucoup en cela.

C’était du temps qu’il était un homme

Ayant succombé trop tôt à des blessures entrainées par un mauvais coup, par balle, son esprit s’est revu né dans un corps de teckel. Il était trop tard pour la spiritualité. La capacité d’interprétation de l’information et de transfert des énergies de sa personne était en plein réduite. Il se sentait maintenant vilainement simplifié en chien.

Sa personnalité l’a très mal pris

Par reflux, il s’accrocha un jour à la neige. C’était un jour de tempête. Ce qui devait n’être qu’une ballade d’hygiène finit en combat ultime, donnant lieu à un spectacle sans fin dans lequel il sautait sur lui-même, mordant dans le froid, sautillant comme de spasmes et en s’enfouissant le museau dans la poudreuse jusqu’au béton. Détaché de sa laisse, il tournoyait dans les airs en aboyant, regardant autour en cherchant la mort, il sentait le bout de ses doigts de pattes insensibles s’endommager de la texture.

Il s’est sauvé dans une direction

Les vents violents duraient. Après cette course surréaliste dans son décor abstrait, le chien-saucisse épuisé s’endormit dans la forêt mystérieuse. Après ses pieds, ses jarrets ont gelé. Autant que ses poils, ses oreilles, ses yeux et sa queue. Les loups n’en ont fait qu’une sucette glacée.

Il sera autre chose