S’lâcher Lousse

C’est fou, des fois y’a des histoires qu’on raconte, d’autres qu’on tait, d’autres qu’on ne peut tout simplement pas garder pour soi.

La fille dont je te parle venait d’en baver solide durant l’année qui venait de s’achever. Dans sa gorge restait un goût de métal, froid et mercuré, un goût de foie, un goût de sang. Même quand elle allait bien, il y avait cette texture apreuse dans sa bouche.

Ça allait, mais je pourrais te jurer que cette fille, même si ça allait, il lui manquait quelque chose. Comme une lueur au fond des yeux. Quelque chose de beau, qui brille, qui est doux et léger.

Un moment donné, c’te fille-là, y’a comme un éclair qui l’a frappée. Pis tu sais quoi? Elle n’a même pas souffert. C’est comme si ça avait allumé quelque chose en elle. Une lueur justement. C’était pas mal beau de la voir aller. On aurait dit qu’elle gambadait. J’ai envie de te dire qu’elle flottait, même, mais ça se peut pas. Elle avait comme un goût de s’en calisser pis de foncer.

C’est pas longtemps après que je l’ai croisée. Elle relevait le col de son manteau dans l’humidité de février et je l’ai vu s’élancer sur le métropolitain, les yeux fermés.

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Une réflexion sur “S’lâcher Lousse

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