Comme un coucou qui vole au dessus d’un nid.

Quand je suis sortie du taxi, ils sont venus me chercher devant les portes, et j’ai demandé une chambre avec vue sur l’océan. Puis ils m’ont emmenée.

Dans les corridors, des êtres déambulant, l’oeil sans vie, comme des zombies. Dans ma poitrine, l’intime conviction que moi, je suis saine d’esprit.

Cette nuit, dans ma chambre, j’ai peint une fenêtre, et, au loin, la mer.

J’ai regardé les oiseaux voler au dessus de l’eau, je les ai regardé s’envoler vers le soleil qui se levait, ils étaient beaux. Il y en a un qui est passé tout près.

Une plume est tombée sur mon oreiller.

Moi aussi, je peux m’envoler.

 

 

 

 

Le doute

Elle hésitait à prendre part à ce concours. Elle avait toujours un doute. Elle avait confiance en son talent; c’est sa confiance vis-à-vis les autres qui était chancelante. La belle aimait sa liberté d’action, sa liberté de parole. Elle se sentait toujours un peu prise au piège quand elle devait être notée ou jugée. C’était probablement une impression fausse mais bien présente. Et elle s’en accommodait tant bien que mal.

Le thème du concours de la publication en ligne était l’amitié. Mais c’est la contrainte qui était particulièrement intéressante: les textes soumis devaient être des haïkus. C’était de la musique à ses oreilles car elle adorait ce genre de défi. Et c’était sans compter le premier prix: une résidence d’écriture.

Son appréhension avait disparu et sa décision prise.

Participez!

Je passe ma vie à m’inscrire à des concours. Tous les jours je m’installe devant mon ordinateur et je complète des centaines de bulletin de participation. Je me suis même créer des fichiers assez complexes qui font le suivi des concours auxquels je me suis inscrit. On y retrouve des informations comme la durée du concours, le nombre de fois que j’ai le droit de participer et à quelle fréquence, ainsi que le prix.

Je rêve de gagner un gros prix, un voyage dans le sud ou je serais libre de ma routine quotidienne. Où je pourrais me laisser bercer aux rythmes de la musique. Ou je pourrais m’enivrer des boissons locales et des odeurs étranges.

Ce n’est jamais arriver. J’ai participé à des milliers de concours, j’ai référé des centaines d’amis dans le but « d’augmenter mes chances de gagner » mais sans résultat.

Cependant ce manque de chance ne m’a pas découragé, je persiste, un jour ma chance tournera et ce sera mon tour.

Et la gagnante est …

L’entendez-vous cette musique des Highlands ?  Hummm ! En soi je ne suis pas friande de cornemuse mais, ici, dans son contexte, c’est tout autre chose !  Les Highlands, les Loch, cet espèce de vent de quiétude dans les tourbières. à travers les ruines …

J’avais tellement confiance de le gagner ce voyage …  à toutes les fois où je répondais à la question du jour c’était d’une évidence telle …  Chaque matin en remplissant le coupon je le planifiais …  Londres ?  Édimbourg ?  La région des Loch ?  Les bords de mers ?  … et cette musique …  celle des vagues …  celle de la ville …  des fantômes qui hantent allègrement les châteaux …

Lequel de mes amis inviterai-je à partager ce grand bonheur ?

Aussi pourquoi ne pas se permettre de piquer une pointe du côté de l’île d’émeraude ou au nord vers l’Islande ?

Qui m’y accompagnera ?  Comment choisir ?  Avec qui partager tout ça ?

Hey!   Pourquoi ne pas en faire un « sous-concours »  finalement  😉

Nuit blanche

19 mars 2014

Cher journal,

il est trois heures du matin et je viens de passer la nuit à l’hôpital. Rien de grave: j’avais une douleur lancinante au pied, une vielle blessure qui ne s’est jamais totalement guérie. Dans le taxi qui m’a ramenée chez moi au petit matin je repensais à cette nuit, au travail des médecins, des infirmières et de tout le personnel de l’hôpital. Une chose est certaine: je ne travaillerai jamais dans un hôpital, c’est beaucoup trop stressant pour moi. Et j’aurai toujours peur de voir des patients se transformer en  zombies. Je pense que j’ai trop regardé Planet Terror.

Avant de te laisser pour aller rejoindre le confort de mon oreiller à plume d’oie,  je te fais deux confidences. La première:même si je n’en ai pas l’ultime certitude, et bien que je ne comprenne pas pourquoi, je crois que Béatrice est jalouse de moi. Il y a des signes qui ne mentent pas. La deuxième: Antoine a un fort béguin pour moi. J’en ai l’intime conviction car je le sens bien dans ma poitrine. Un océan de sentiments me submerge, je me sens chavirer quand il me parle mais une force inexplicable me retient de me laisser charmer.

Charlotte

Rage

J’ai peur de l’eau, moi qui a toujours aimé me baigner dans l’océan. J’ai peur de l’eau, j’ai peur de mes larmes,  j’ai peur d’un verre d’eau et pourtant j’ai soif.

Je ne me reconnais plus, j’ai l’intime conviction qu’il s’agit de ma dernière nuit. En fait, je le souhaite plus que tout. Je n’ai plus le contrôle de mon corps, de mes émotions, de mes paroles, il ne reste qu’une trace de la femme que j’étais avant prisonnière de son esprit.

Je suis attachée à mon lit, dans le noir, parce que j’ai aussi une aversion terrible à la lumière. Je gueule des obscénités, je me débats férocement comme un animal en cage. J’ai une envie incroyable de mordre, comme un zombie: arracher la chair, blesser, faire mal. Moi qui a toujours été tellement douce et pleine de vie,  mon corps n’est plus qu’un vaisseau de cette maladie virale qui m’envahit.

Une morsure, c’est tout. C’est ce qui m’a amener ici. La peau avait a peine été percé, juste quelques gouttes de sang, j’ai nettoyé et je me suis dit que tout serait ok…. J’aurais dû prendre un taxi et me rendre à l’hôpital, cette décision aurait sauvé ma vie.

Le médecin arrive, il m’injecte un calmant, je ressent une douceur envahir mon corps épuisé. Comme une plume sur le dos de la main. Pendant quelques seconde avant que mes yeux ne se ferme je regarde dans les yeux du médecin. Il a compris, je le sais, il pose une main doucement sur ma poitrine et me dit: « repose-toi, ça l’achève… »

Mauvais rêve …

Voilà, j’y suis presque …  Encore un escalier et … ça y est ! Enfin dans le ventre de la bête.  Gageure stupide !  Passer au moins une nuit dans la morgue de l’hosto des gogos et … rester vivant ! … Fallait avoir besoin de fric … J’aurais pu faire du taxi comme n’importe qui, vendre un rein, du sang …  Ben non fallait que je me distingue !  Ça fait que me v’là !!!  Quel con !

Bon, faut que je me retrouve.  C’est pas mal plus grand que je pensais et que de portes, merde !  Mais le plus difficile aura été, je l’espère, sortir de ma chambre et passer devant le poste de garde sans attirer l’attention.

Première porte …  mais qu’est-ce que c’est que ça ?  Un océan de plumes !!!  Pas bon pour un pogné d’la poitrine ça … heureusement pas mon cas !  Ma crainte je l’avoue, candidement, entre moi et moi, c’est de tomber sur des zombies !  Non mais c’est vrai … la morgue doit en cacher une couple ?  C’est leur place, non ?  Les vampires dans les banques de sang  …  Un docteur Frankenstein dans un grenier …  Dans le film « Intime conviction » ça se passait dans le sous-sol …  Bon ça y’est j’me fais des peurs …  Y’est quelle heure là ?  La nuit achève-tu là !!!

On m’a promis 100,000 dongs vietnamiens si j’y arrive !  C’est pas rien ça !  J’sais pas trop c’est quoi le taux de change … quand même 6 chiffres … 5 zéros … ça doit être pas pire !   Pas millionnaire mais quand même pas loin ! (*)   Pourvu que je tienne … et surtout que je trouve la foutue morgue ..  Merde ! Merde ! Merde !

…  On apprend ce matin, qu’un patient de l’hôpital Gaumond a été retrouvé sans vie dans le sous-sol de l’établissement.  Une enquête sera ouverte puisque l’homme semble avoir subit un choc.  On ne s’explique pas non plus ce qu’il faisait à l’étage des laboratoires animaliers.  Voyez ce soir l’entrevue que Denis Lévesque a effectué avec un certain Dr Nguyen Xuan Pho qui passait par là … 

* Malheureusement en date du 13 mars 2014 … ça vaut 5,20$CAD … devrait-on le lui dire ?