La chute

Notre corps est fait de chair et d’os – on l’entend souvent dire – on n’y porte malheureusement pas vraiment attention – pour nous – la plupart du temps – il n’est que le reflet que nous renvoie le miroir – une silhouette qu’on voudrait mince – un minois qu’on voudrait séduisant – des muscles qu’on voudrait apparents.

Quand tout va bien – voilà tout ce qu’on voit – tout ce qui importe.

La douleur – elle – nous ramène à l’essentiel.

Une chute en parachute – pour ma part – à très mal finie – le parachute ne s’est pas ouvert – je vous laisse imaginer la descente – je vous laisse imaginer l’impact – le bruit – l’effroi – la perte de conscience.

Mais tout ça n’est rien – en fin de compte.

Le pire restait à venir – le réveil – la douleur – les os brisés – la chair tuméfiée.

J’aurais préféré la mort – j’aurais préféré être laid – que d’endurer tout ce que j’ai enduré et tout ce que j’endure encore.

Heureusement il y a eu Jeanne – un baume survolant mon corps – un ange soulageant mon âme.

Jeanne est ostéopathe – on lui a confié mon cas – je me suis présenté à elle allongé – déprimé – dans tous les sens du terme.

Jeanne – elle – était belle – douce – elle sentait bon – seul l’effleurement de ses cheveux touchant ma peau lors de ses manipulations calmait mes douleurs – me procurait un apaisement.

Jeanne je l’aurais mariée sur le champ – seulement Jeanne était mariée – et mère de deux enfants.

Nos rencontres étaient heureusement fréquentes – je ne pouvais plus me passer de ses mains sur mon corps – ses traitements étaient mon unique raison de vivre.

Pour elle j’étais un véritable défi.

Pendant des mois nous avions tous les deux qu’un seul objectif – elle voulait me guérir – je voulais la séduire.

Aujourd’hui Jeanne et moi on est ensemble – quand j’y pense j’en ai encore des larmes aux yeux – toute cette souffrance et toute cette douceur qu’on a partagées.

Grâce à elle aujourd’hui je me tiens debout.

Je vous le dis – aujourd’hui.

Malgré toutes les souffrances que j’ai subies et que je subis encore et pour toujours – je dirais que je ne regrette rien – que s’il fallait subir ça encore pour rencontrer Jeanne – j’accepterais d’emprunter le même chemin.

Comme quoi : « à toute chose – malheur est bon »

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