Cap sur Bassin

J’ai toujours aimé la route – fuir

La route c’est ce trait d’union obligé entre le travail et les vacances – le sas de décompression qui fait renaître en moi l’aventurier – avec le voyage – l’impensable devient possible

Juillet 2008

Après Québec et Charlottetown – je file vers Cap Tormentine – une langue de terre qui mène tout droit vers le traversier pour les îles de la Madeleine

Sur la route, au loin, j’ai vu ce qui semblait être un animal, errer sur le bas côté. On aurait dit un chien, un petit chien. Les deux côtés de la route étaient plats – sans habitation ni végétation – et plus je m’approchais plus je ressentais la détresse de la bête, le danger qu’elle courait, hésitante et égarée comme elle l’était, faisant tantôt mine d’avancer vers la chaussée pour la traverser puis faisant marche arrière devant le passage menaçant des voitures qui filaient à toute allure dans la plus grande indifférence

C’était un chien, j’en étais maintenant sûr, et à m’en surprendre moi-même j’ai ralenti et me suis garé spontanément sur le bord du chemin, à quelques mètres de l’animal

Je l’ai regardé, il a reculé, j’ai baissé ma vitre – puis je suis descendu pour m’approcher – il m’a regardé – il a reculé encore, il a fait un tour complet sur lui-même pour me regarder de nouveau

J’entendais maintenant la circulation ralentir et observer la scène. Je suis retourné vers la voiture et j’ai ouvert la portière arrière. À peine je m’étais retourné que le chien sautait déjà à l’intérieur du véhicule sans aucune autre invitation de ma part

Trop heureux du dénouement rapide de mes intentions je refermais la portière prestement

Une fois à l’intérieur – nos deux cœurs devaient battre à l’unisson

Dans le rétroviseur on s’est regardé longuement – il était maigre – apeuré

J’étais essoufflé – ravi

Une corde de fortune autour du cou et de la main – le chien et moi – après quelques hot-dogs pour lui et quelques bières pour moi partagés seuls sur le pont arrière du bateau – sa tête sur mes genoux – on a assurément dû passer tous les deux la meilleure traversée de notre vie – et ce malgré le froid – le vent – et la pluie

On est aujourd’hui inséparables

Publicités

Une réflexion sur “Cap sur Bassin

  1. Ben coudonc ! Ça aurait l’air, d’après toi et Cat que les chiens font du pouce ?!?!? Moi je me méfie … toute une gang de psychopathes toutes races confondues ! J’suis certaine ! 🙂 Vive les chats !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s