Toi et moi parfois

 

Parfois ma peau frissonne à la possibilité de retrouver tes restes terrestres dans un sac en plastique, tes cheveux sanglants dans une bouteille opaque et tes yeux piqués dans une boite à musique. Parfois ton silence hurle dans mon souffle, se mêle à mes nerfs. Et lorsque ton regard apparait soudain, comme un chevreuil sur l’autoroute de mon urgence, je sors une carabine et les mots déflagrent dans la nuit saignante. Parfois tu me cherches avec un couteau de chasse pour me caresser l’entre jambe, me tuer ou m’apprendre le respect.

Mais sache  dans la nocturne,

les étoiles écorchent et nous sommes tous des proies.

Pile et Face  

Elles étaient jumelles binaires, carrément complémentaires. L’une disait oui, l’autre non. Ça va, ça ne va pas. C’était super ou super nulle. Je prendrai tout, je ne veux rien merci. Comme c’est beau, quelle horreur! Je suis la lune, et moi le soleil.

Jusque dans le bien et le mal, elles étaient déprimantes et paradoxales.

Cosmiques

Tellement différentes et pareilles en même temps.
Timô et Frisée s’en vont en bateau. Et y’a personne qui tombe à l’eau. Parce que quand Timô a le mal de mer, Frisée lui tient les cheveux. Quand Frisée rit trop fort et qu’elle manque de passer par-dessus bord, Timô lui tend la rame. Personne ne ferme sa gueule.
Ça rit, ça discute, ça s’obstine. Ça parle fort et ça crie, ça pleure aussi.
Mais Timô ne lâche pas prise, et Frisée écoute, et Timô comprend que les mots étaient mal choisis et Frisée aussi. Et les grands bras de Frisée font le tour de Timô qui cesse tout de suite de pleurer.
Communication one-0-one. You and me never alone.
Nous sommes plus fortes que les vagues et les marées. Les piranhas peuvent bien se rhabiller.  Et même si l’eau finit par rentrer et que leur bateau coule, elles n’ont pas peur : les jumelles cosmiques, ça flotte!