Collection

Certains aiment saigner les animaux comme on collectionne les timbres. Des philatélistes du derme. D’autres font du macramé, des haltères ou répertorient les nuages et leurs formes bestiales. Mon père était un petit chasseur de grands carnivores. Il vivait dans une maison parsemées d’ours bruns et noirs de panaches d’oiseaux de proie et sa collection de femmes bipolaires. Mon enfance marquée par la cueillette de fraises sauvages, la recèle de petite semaine et le vol de vélos a inexplicablement aboutie à cette obsession du vide après l’amour.

Avec timidité d’abord au rasoir en cachette, des mèches de cheveux de mes premiers amants. Je répertorie tout: nom, type d’animal, spécialités grivoises, faiblesses. Aujourd’hui je ne saurais expliquer l’évolution de la série mais je cumule des colliers de dents, canines et molaires, alternances plombages d’argent, couronnes d’ivoire aussi j’ai ce manteau de peau écorchée délicatement au Rapala par une chaude soirée de juin. Pour les parfums je ne suis pas Suskind mais je préserve les cris dans un coffre de cèdre que parfois j’entrouvre pour y glisser le fruit de mes démembrements.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s