L’Hommoizeau (ou la fable de la mouette)

Il n’avait rien d’un oiseau. Il avait tous les traits d’un homme, et se différenciait, par sa nature unique, de toutes autres espèces à plumes.
Avec raison, il ne se sentait jamais compris. Et toujours seul.

Sur ses bras poussaient de grands poils. Qui pognaient dans le vent. Ce qui facilitait son côté incognito dans notre clan d’oiseaux.
Il ne volait pas, mais il pouvait survoler la ville, en planant, afin de spotter sa proie, sa frite, sa nouvelle flamme.
Il se posait sur un nid, sans jamais vraiment le couver, mais profitait (le mot est faible) de la récolte de vers dûment gagnés.
Puis, il volait l’œuf dès qu’on avait le dos tourné…

Il trouvait le temps de se refaire une beauté, trouvait les moyens pour charmer.
Il enquiquinait pigeons moineaux pic-bois tourterelles et passereaux.
Prenait leurs frites, leurs femmes, leurs amis, leurs amours;
nos nids, nos œufs, nos vers:
Prenait toujours tout mais ne donnait jamais rien…

Un jour, à force de tout s’être fait voler et de ne plus avoir d’œufs à couver,
On a fait un meeting, nous, pigeons moineaux pic-bois tourterelles et passereaux.
On a fait un meeting et on a voté.
Cet hommoizeau devait changer, ou s’exiler.

On avait beau poser des caméras cachées, ça donnait pas grand chose… On n’avait jamais de preuve.
On avait beau lui refuser les vers et les vivres, il trouvait toujours un autre nid pour se nourrir.
Et pendant ce temps-là, mine de rien, on s’épuisait.

On a voté. Fallait que ça cesse, tout le monde s’entendait.
La différence, on l’acceptait.
Mais pas le vol de ce qui nous nourrissait.
Par contre, le vol de ses propres ailes (ou de son poil) nous allumait.
Fallait que ça cesse ou que ça commence.

On l’a finalement confronté, il avait le choix: l’exil ou l’envol.

L’envol de l’hommoizeau, full appuyé, vers son propre nid.
L’envol de celui qui va au loin, enfin.
L’envol de celui qui part pour mieux revenir, fort et équipé.
L’envol de celui qui ne veut plus subir ou profiter.
L’hommoizeau devait s’épanouir, maintenant, afin de se faire respecter par le reste du clan.
Pas comme les mouettes, qu’on veut juste tuer.
Mais comme un membre de notre espèce qu’il est fuckin’ temps de protéger.

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