Les poubelles de l’amour

Une poubelle trône à coté de ma porte. Je la regarde d’un sourire presque tendre. Les mouches tournoient de plus en plus nombreuses. Patiemment je la nourris. Hier d’un reste de cassoulet oublié dans le frigo, ce soir d’ossements de poulet au safran. Dans un excès de zèle j’ai aussi jeté un oreiller jauni, une vieille paire de bottes, un pot de fleurs mortes et un portrait de toi. Les asticots s’amuseront sans doute de mes tripes et ventricules et, pendant que des effluves enroberont ton souvenir, j’attendrai patiemment le ronronnement du camion. Je sortirai alors dans la ruelle, mon sac poubelle à la main,  me précipiterai à pas véloces. L’éboueur balancera mon offrande dans son broyeur, me tirera par la main, relèvera ma jupe et me prendra contre la benne, me soufflant son langage salace et ordurier.

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