Cours!

Je cours, sans but, sans direction. Je laisse mon corps me guider, après tout c’est lui qui semble savoir ce qui est bon pour moi.
J’ai voulu arrêter depuis longtemps, mais mon esprit n’a plus la force de se battre contre mon corps. J’ai mal, en fait à bien y penser j’avais mal, maintenant je ne ressent plus rien. Je cours, je ne fuis pas. Je me précipite vers quelque chose de mieux.  Je cours, c’est pour nettoyer ce qui est mauvais, une grosse remise à zéro. J’y crois, si je cours assez longtemps, assez loin, il n’y aura plus de boucane dans mes poumons, plus de shit dans mes veines. Mon cœur va battre encore, mon esprit sera enfin tranquille et vide. Je cours et quand je vais enfin m’arrêter, je vais vivre. C’est ma dernière chance.

Souvenir

J’ai un rocher, dans sa petite boite en plastique rectangulaire. Il est placé sur la tablette en haut de ma télévision. Toujours dans mon champ de vision, toujours dans mes pensées. C’est le dernier de sa boite, et je n’arrive pas à le manger. Il représente tellement plus qu’un chocolat. C’est le dernier morceau qu’il me reste de lui. Cette boite qu’il m’a donné à la St-Valentin, la dernière fois où on flottait sur des nuages, avant que tout dégringole.

Maintenant il est parti, il a ramassé toutes ces affaires et il est parti, sans se retourner, sans dire un dernier mot. Il ne reste plus aucune trace de lui dans mon appartement sauf ce rocher.

Ce petit morceau de chocolat est pour moi un poids immense, tel un véritable morceau de roc. Je ne peux le déplacer, il est impossible de le soulever, de le passer par la porte. Ce si petit morceau est pour moi un boulet qui me rattache à mon passer, tant qu’il sera ici je n’arriverais pas à avancer, à passer à autre choses.

Si vous venez chez moi, ne vous gênez pas et servez-vous. Vous me libérez d’un poids immense