D’un être humain en manquant d’humanité

Bonjour Courrier du cœur,

J’ai un problème à te soumettre que je ne suis pas capable d’élucider. Pourquoi quand le gouvernement syrien se défend des milices armés, la communauté internationale la condamne mais quand Israël attaque la bande de Gaza, qui est elle aussi armé, personne ne semble s’en soucier? Pourquoi les américains affirme le droit d’Israël à l’autodéfense mais le refuse au gouvernement syrien. Pourquoi laissons-nous faire le massacre de civils palestiniens et condamnons le massacre de civils syriens? Ne devrions nous pas traiter la vie humaine sur un même pied d’égalité? Donc ma question est la suivante : d’où vient la légitimité d’un État à ce défendre?

-Un être humain

A qui fais-je peur encore?

A qui fais-je peur encore? Pourquoi, avant, tous les enfants tremblaient seulement à l’évocation de mon nom, et aujourd’hui, nul ne songe même à se déguiser en moi le soir d’Halloween. Suis-je seulement victime d’une société baignée de pornographie visuelle, où les films d’horreur nous montre, nous les monstres, dans leur moindre détails et étalent nos méfaits comme si c’était un divertissement comme un autre, ne laissant plus rien à l’imagination? Peut-être suis-je seulement, comme tous les autres aspects de la culture qui m’a vu naitre, en voie de disparation dûe à la globalisation et à la commercialisation de tout, même de la peur. Je suis le bonhomme 7 heure, et personne n’a peur de moi, plus grave, personne n’a eu peur quand j’ai disparu.

Sans prétention

Scène 1 : Au bar

Antoine : Allô Jean! Comment vas-tu, mon ami?

Jean : Hey, allô Antoine! J’ai quelqu’un à te présenter!

Antoine : Sérieux! Présente-moi-le tout de suite!

Jean : Pourquoi agites-tu tes bras comme ça? Ça fait un peu exagéré.

Antoine : Ben, c’est pour que les gens au fond de la salle voient que je suis là!

Jean : Ok… Pourquoi tu y tiens tant que ça que le monde te vois? Vite comme ça, c’est vraiment laid ton affaire.

Antoine : C’est parce que j’en ai assez de faire du théâtre, je veux qu’on me remarque pour pouvoir faire de la télé et être une vedette!

Scène 2 : À la salle de répétition

Metteur en scène : Ok on arrête ça là, l’audition est terminée, merci d’être venus, on vous rappellera si on a besoin de vous.

Scène 3 :

Antoine : tu crois qu’on a été bons Jean?

Jean : Je ne crois pas, mais en même temps on n’est pas vraiment des comédiens donc je crois qu’on ne s’en sort pas si mal.

Antoine : Youppi! Je vais passer à la télé!

Enfant-roi

Perdu en plein désert, j’ai dessiné plusieurs boutons, espérant satisfaire les caprices d’un enfant-roi. Mais celui-ci, m’affirmant chaque fois que ce n’était pas ce qu’il m’a demandé, me réitéra sa demande inlassablement chaque jour. Hier, le papier est venu à manquer, et l’enfant-roi me laissa à mon triste sort. Aujourd’hui, j’ai vu passer un avion, il semblait manquer de carburant. Je souhaite à ce brave aviateur qu’il ne rencontre jamais ce petit enfant capricieux mais qu’il essaie de se sortir de son pétrin au plus vite.

Ventre plein n’a point d’oreille

Je ne vais jamais manger à la cafétéria. Tout le monde a toujours de meilleurs lunchs que moi, mon sandwich tout sec ne me tente jamais et je finis toujours par m’empiffrer de cochonneries achetées dans des machines distributrices. Mais aujourd’hui, le lunch est gratuit. Un lunch gratuit, reste un lunch gratuit, même si c’est un spaghetti, je m’en accommode. Je m’installe donc à une table. Il y règne une atmosphère curieuse. Tous semblent en avoir beaucoup à dire, je veux dire, davantage que leur blabla insignifiant sur tel collègue blessé ou que la blague salace de tel collègue de la rive-sud. Rien à foutre, je mange mon spaghetti. Soudain, on m’arrache violemment ma casquette de la tête!

-C’est pas poli de garder ta casquette en réunion, me dit-on.

Soudain, je compris! Loin d’être l’émanation d’une étiquette de bien séance à table, je me rendis compte qu’un piège s’était refermé sur moi : j’étais à une réunion syndicale, appâté par un simple repas chaud.

-J’espère que t’as compris ce que je t’ai dit!

-Oui, oui, dis-je, je m’excuse.

-Et ta révérence à notre poster à l’entrée, j’imagine que tu l’as faite?

-Euh… oui, oui…

Je compris dans quel plat ma cuillère s’était mise, je n’avais pas fait les prostrations nécessaires à l’entrée, n’ayant compris que trop tard où je m’étais rendu. Cela n’avait échappé aucunement à ce chef syndical qui mène de sa main de fer les troupes au front du combat pour nous, simples travailleurs.

-Si ce n’était pas du syndicat, tu travaillerais encore dans une mine avec des conditions exécrables.

Je regardai mon plat et me senti comme les nouilles qui le constituaient. En huit minutes de cette litanie idéologique qui se terminait toujours par, « si t’es pas d’accord, t’es un fasciste »,  j’étais à point et il ne manquait plus que la sauce.

-Attention tout le monde, la négociation piétine encore. On est encore montés à Québec pour la Xième fin de semaine et ça ne donne rien.

L’assemblée s’agite, s’offusque que les patrons ne veulent rien entendre. Elle scande qu’on devrait trouver de nouveaux moyens de pression. La réponse du chef syndical fût sans équivoque :

-Si vous faites des moyens de pression, on ne pourra pas vous protéger, les patrons auront tout le loisir de vous mettre à la porte.

Moi, les moyens de pression ce n’est pas ma tasse de thé, de toute manière, j’ai bien mangé et j’ai eu mon café.

Faut sonner, en faux sonnet

Qui assombrit nos prières qui étaient claires hier

Coupe nos forêts pour en faire une clairière

Met en barrique l’Afrique, impassible tue gêneur

Crée des malades pour limiter les géniteurs

L’élite commandite leur mode de vie outrancière

Par aliénation  et spéculation financière

La masse grimace devant un faux bonheur

Empli de propagande de cette bande d’enchaîneurs

Cessons de croire qu’ils veulent nous voir heureux

Ils nous utilisent pour pourvoir leur rêve scabreux

Résistons à leur publicité qui a mauvaise haleine

Militons pour améliorer ce monde douloureux

Ensemble soyons grand et fort, soyons généreux

Combattons les parasites de la baleine

Nouvelle Flamme

Couché près d’elle, je l’observais dormir. Elle était là mais je ne comprenais pas pourquoi. Elle, à côté de moi, c’était incompréhensible. Je ne comprenais pas mais je voulais comprendre. La géométrie de son visage me donna l’idée de calculer par triangulation oculaire une réponse sans équivoque, comme les mathématiciens sont les seuls capables de le faire, en somme, je voulais être le plus terre à terre.

Ces yeux au carré additionnés à son nez au carré devaient assurément donner sa bouche au carré… Pythagore était probablement un mathématicien de génie, mais il fallait me rendre à l’évidence, elle n’était assurément pas un triangle rectangle car je n’obtenais aucune réponse avec ce théorème, que du vent.

Je devais me remettre au centre de mon questionnement. Je m’étais dit que si j’arrivais à calculer la circonférence et le diamètre de sa tête, je trouverais le point central de ses pensées. Je n’avais aucune unité de mesure valable sous la main, car j’avais écarté l’idée d’utiliser ses lobes d’oreilles après les difficultés rencontrées, surtout dues à l’élasticité de ces derniers qui variait les résultats à chaque calcul.

Peut-être, aurais-je plus de chance avec une règle de trois; ses cheveux divisés par ses épaules devaient donner son sourire divisé par mes blagues, la variable étant mes blagues. Je lui raconte une blague, qu’avec le recul je trouve d’un ridicule risible, aucune réaction: elle dormait!

C’est alors que ses yeux remuèrent sous ses paupières, tout n’était pas perdu, mais du côté que j’étais, je ne voyais pas exactement dans quel sens elle les bougeait : de gauche à droite ou de droite à gauche. Je me redressai dans le lit. Fausse alerte, ses oreilles ne sourcillaient même pas, ce n’était pas ma blague qui l’avait fait réagir, mais plutôt un rêve qui lui tirait maintenant une larme. Peut-être était-elle aux prises avec des formules mathématiques qui ne menaient à rien elle aussi. Je l’embrassai sur le front pour la réconforter d’outre-rêve mais soudain elle se réveilla violemment me fracassant le nez avec ce front que je voulais secourir, enfonçant mon os nasal jusqu’à mon cerveau.

Elle ne m’a pas fait souffrir, je suis mort sur le coup. J’avais voulu savoir ce qui se trouvait dans cette tête, maintenant j’y suis, car je hante désormais tous ses cauchemars chaque nuit, calculant chaque chose qu’on manque de vivre ensemble.