Tinder switch

Une larme coule sur ma joue.

Il vient de me dire plusieurs choses vexantes mais ne semble pas s’en rendre compte.

Il me regarde alors et me demande pourquoi ma joue est mouillée.

Je lui dit que je suis blessée par ses commentaires insensibles.

Je vois toujours l’interrogation dans ses yeux.

Il me dit que parfois, apparemment , les gens pleurent aussi de joie.

Je lui dit que ce n’est pas du tout le cas.

Il me regarde encore confus.

Et la confusion s’installe chez moi aussi.

Mais qu’est ce qu’il ne comprend pas?

Il admet alors qu’il ne comprend pas les émotions des autres.

Il est asperger.

Ok…

Merci pour la belle soirée…

Switch à gauche.

Encore à gauche.

Ah! Pis de la marde!

 

 

 

 

 

Mise en plis

Ce jour-là, j’avais mis deux heures à me préparer. J’avais pris la peine de me raser les jambes, le pubis et les aisselles. Pris le temps de me sécher les cheveux bien droits et d’y mettre une petite huile soyeuse qui rend ma tignasse lisse et la parfume d’une fragrance de muguet et de fruits tropicaux. J’avais enfilé ma jupe la plus courte et ma camisole au décolleté plongeant. En fait, j’avais tout prévu. Je voulais le séduire. Le rendre fou. Et lorsqu’il ne pourrait plus me résister, lui dire que tout ça n’était plus possible. J’étais certaine de mon coup. J’avais confiance en moi.

Nous nous sommes donné rendez-vous à l’endroit ou nous avions fait connaissance. Et croyez-moi, il n’y a rien de romantique là. Nous avons fait ce que nous savions faire de mieux, c’est-à-dire boire beaucoup trop de bière. Beaucoup trop de shooter.
Dans l’ivresse, mon odorat devint tellement fin que je pouvais sentir l’odeur de ses aisselles et de son sexe. Je venais de perdre mon combat.

Je l’ai alors invité chez moi. Nous avons passé des heures à s’aimer. À se dire combien nous étions bien. Nous nous sommes endormis l’un contre l’autre. Comme des amoureux. La chimie était tellement intense que j’ai même aperçu des larmes dans ses yeux.

Au petit matin, Je me suis réveillée seule dans mon lit. Il était parti durant la nuit. Tout ce qui me restait comme souvenir de sa présence ce soir-là, c’était ma tignasse. Des boudins. Des gros boudins encore humides.

Sœur lumière

Elle est la fleur fraîche de rosée qui s’épanouit au creux d’un rocher perdu en plein désert.

L’œil bleu d’un lac sur le gris d’une montagne.

Le soleil quand il est une boule de feu et qu’il se pose sur la ligne où la mer et le ciel se rencontre.

La nuit suave qui tombe doucement devant les jalousies des fenêtres d’un manoir.

Si seulement nous n’habitions pas si loin.

Tu sais bien qu’il faut que je sois ici.

Je me souviendrai de tout.

Du silence.

De ton visage.

De tes saisons.