1,2,3,4

Un….,
Le moment où on aperçoit le lac. On jurerait que les arbres se sont déplacés pour l’encadrer, comme une fenêtre sur le bonheur. Le lac est paisible, aucune embarcation, aucune vague ne vient troubler sa surface. L’eau claire reflète les rayons du soleil de sorte que le lac semble parsemé de petits diamants.

Deux….
Le moment où notre cœur d’enfant prends possession de nos mouvements. Où on s’élance vers le lac sans penser ou rationnaliser. Plus de questionnement, plus de doutes. On est dans le moment présent. On n’a qu’un seul but, s’ élancer du  bout du quai pour plonger dans le lac.

Trois…
Le moment où nos pieds atteignent le quai. Où, comme quand on était jeune, notre seul désir est de sauter le plus loin possible. C’est le dernier stretch, on prends de la vitesse, on ressent le vent dans nos cheveux. Notre peau, caresser par le soleil ne demande que d’être rafraichit. Arrivé au bout on saute.

Quatre….
Le moment où on se retrouve en état d’apesanteur, entre le ciel et l’eau, avec la certitude que cette fois on a sauter le plus loin. Quelques millisecondes d’anticipation euphorique, juste assez long pour faire apparaitre un sourire sur nos lèvres. Et puis….

SPLASH!
Le moment où on entre dans l’eau d’un seul coup. Le choc de l’eau fraiche est suffisante pour

nous couper le souffle. Un choc thermique qui envoie notre cœur en cavale, mais, complètement disparu par le temps où on  atteint la surface. La première bouffée d’air, comme s’il s’agissait de notre première respiration. Où pour la première fois depuis longtemps on semble utiliser à pleine capacité nos poumons.

Ces brèves minutes,  aussi courtes soient telles, représente le bonheur absolu.

Dans Son Sang

Dès que je l’aperçois, les fils se touchent. Je la regarde rentrer dans l’bar, la tête bien haute, pas même un hochement de tête.
Fuck all.
Me dit qu’elle ne m’a peut-être pas vue. Que c’est peut-être pas voulu. Mais je vois bien, moi, qu’elle ne me voit pas. Qu’elle ne veut pas me voir.
Les fils se touchent.
Je tilte.
Je ressors, je fume une clope, pis deux. Je retourne à l’intérieur.
Fureur.
Je sors mon Laguiole.
J’avance vers elle, lentement.
Shop shop dans l’aorte.
Pis paf est morte.

Me penche vers la flaque. Pis je m’agenouille. Pis je m’étends de tout mon long.
Me revire sur le dos.
Me mets à faire l’ange.
Dans son sang.
Sourire béat.
J’attends la police. Me baignant.

Carlwithak

ISA&CarL

Accident.

Coma.

Comme le dernier des cynismes

« Baby I’m an anarchist ». 

*

Débranché

Avant que j’ai pu te toucher

De ma main d’amie, de ma main qui comprend

Une dernière fois.

*

J’espère, j’espère

Que t’es resté d’travers

Dans la gorge de la Mort,

qui a ouvert sa bouche sans crier gare,

dans le tunnel Ville-Marie, cet après-midi là.

*

Gainsbourg et toi en ford mustang

Tu as donné tes organes.

Je pense au chanceux qui aura tes yeux. Tes beaux grands yeux bleus. Comme un lac, au mois d’août, juste assez chaud juste assez doux

Pour s’y baigner

Pour l’éternité.