La vaisselle de Noël

Bon… C’était bien bon tout ça, mais maintenant que tout est mangé et que seuls ne restent les vestiges de cette soirée, il faut ramasser. J’aurais du y penser hier soir, mais j’étais un peu trop paqueté pour m’y mettre!

Vider les assiettes des restants de peau et d’os de dinde, les quelques morceaux de feuilles de laitues, les oignons ici, les champignons là… La dernière bouchée de farce ou de purée de pommes de terre se détrempant dans les vapeurs de vinaigrette césar. La poubelle aussi va manger gras cette année!

Les miettes de pains, de gâteau aux fruits, les verres de vin séché, les taches de sauces diverses, pour la fondue, la dinde trop sèche et la petite huile-vinaigre balsamique pour le Ciabatta, sur la nappe, la table les chaises et même par terre… C’est le foutoir dans ma cuisine! Et encore, je ne parle pas de la pile de plats ayant servis à faire cuire, réchauffer, transvider, séparer… Les ustensiles collés, les louches rendues très louches et les cuillères spatules et autres malins instruments ayant servi à triturer la boustifaille. Le tout s’empilant sur mon comptoir, près de l’évier. Sur la table sont restés les pots de condiments les beurres, (régulier, à l’ail, demi-sel) et la maudite margarine qui essaie de revendiquer sa place! Les fonds de tasses de cafés, avec ou sans alcool, les thés, les tisanes, les jus, le lait… Il ne reste plus un verre ni une tasse de propre!

Ah! Mais ce fut vraiment une belle soirée! Avant que Roger insulte Rita, qui pourtant n’avait que renversé sa deuxième coupe de vin, la première sur la table, et celle-ci sur l’entre-jambe de Roger. Probablement que si elle avait voulu le nettoyer en frottant, il aurait moins crié… L’alcool aidant, les premiers plats furent repoussé devant les coudes levés bien haut. Les premières cigarettes écrasées dans les bols de soupes, pas tous vidés.

Ensuite ce sont les enfants de Pierre et Ginette qui couraient partout qui ont commencé à taper sur les nerfs de tout le monde. Les petits sacripants avaient commencé à faire des leurs en réalisant que le chat et le chien furetaient sous la table pendant le repas. Alors en douce, ils avaient gavés les deux bestiaux de tout ce qui leur tombait sous la main. Je trouvais ça curieux que deux jeunes gamins d’au plus 100 livres à deux puissent manger autant! J’ai compris quand le chien à répandu le contenu de son estomac sur les manteaux de la visite, disposés sur notre lit, en courant après l’ostie d’chat qui lui pensait s’en sauver sous les fourrures…

Alors en plus d’une note salée de nettoyeur, d’une soirée de fou et d’un mal de crane de lendemain de veille, il faut que je me tape toute cette vaisselle… « Et plus vite que ça, on reçoit ce soir, des amis du travail », que vient de me confirmer ma douce qui elle, repart avec ma carte de crédit pour aller faire des achats de dernière minute… C’est certain, on est le 26 décembre, après tout c’est le boxing day!

Et dire que la semaine prochaine pour le jour de l’an, on recommence dans sa famille!

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