86e thème

Thème :

De fesses et de sourires.

Contrainte:

Le texte doit contenir le mot baron.

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Guernica reinventée

Depuis peu retraité je m’intéresse au dessin – à la peinture

Usé par l’usine
J’ai les phalanges ruinées

Quarante ans à graisser des boulons
Ça vous rabote les coussinets

Mais

C’est l’acrylique que j’ai choisi
J’aurais paraît-il un certain talent

J’éclate de rire
Jamais on m’a dit ça !

La semaine prochaine on expose – toute la classe
Au musée
Au sous-sol du musée

Dans les cavités
En l’honneur d’un soi-disant baron français

Pour ma part j’ai toujours aimé les traits
Les portraits déformés
Picasso m’a toujours inspiré

Ma toile je l’ai appelée
«De fesses et de sourires»

Faute de vous la représenter
Je vous laisse ici l’imaginer

Je vais à Paris le mois prochain
Pèlerinage
Musée Picasso
J’adore la retraite

Dommage qu’il faille perdre une vie presque entière avant de se trouver

Plaisirs

Antoine était rêveur et un sourire illuminait son visage. Il ne pouvait arrêter de penser à Charlotte. Celle-ci ne semblait pas partager le même sentiment toutefois. Non pas qu’elle le rejetait, mais elle laissait paraître une certaine indifférence bien qu’elle aimait se faire conter fleurette. Il voyait bien que ces efforts étaient vains, mais il continuait tout de même: il aimait faire du charme à la gent féminine. Il avait esquissé une approche auprès de Viviane qui avait semblé apprécier: un sourire avait éclairé son visage.

Antoine pourrait refaire une tentative mais de façon plus soutenue cette fois-ci. N’y a-t-il pas un dicton qui dit qu’il faut entretenir la mécanique si on veut éviter qu’elle ne rouille ?

Quand il se sentait un brin morose, Antoine se plongeait dans ce roman qu’il avait lu et relu plusieurs fois. À chaque fois il en ressortait comme le roi du titre: ébahi. Cette lecture lui procurait invariablement un sourire. Il nota mentalement de le proposer au Baron: à coup sûr lui aussi tombera sous le charme.

Une nouvelle entreprise

Le baron sourit. Il était satisfait de son travail. Il regardait sur son écran les filles faire leur numéro. Il avait aussi un autre écran qui indiquait le nombre de transactions de carte de crédit, et le montant qui augmentait dans son compte de banque.

Pour l’instant il ne s’agissait que d’une petite opération, quatre chambres, huit filles, mais il avait prévu d’augmenter rapidement. Il y avait une demande grandissante à ce genre de dépravation depuis qu’internet faisait partie du quotidien.

Il avait réussi à recruté des filles qui n’avait aucune pudeur et aucun problèmes à montrer leur fesses sur internet, en échange il payait leurs études. Elles avaient aussi un bonus si elles lui référaient d’autres filles prête à la même entente.

 Cette entente lui permettait d’assurer une rotation de la marchandise puisqu’une fois leur études terminée leur contrat prenait fin. En plus d’être économique pour lui. En effet, si on faisait le calcul il les payaient moins que le salaire minimum.

 Il était fier de lui.