17e thème!!

17e semaine?! WOW

Alors… Le thème:

Fait d’antan

Contrainte:

Interdiction d’écrire « e »

Marie-Ève a malheureusement dû nous quitter.
Bienvenue à Alex, notre nouvelle frappeuse qui frappe!!

Bonne lecture.
Bonne semaine!

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L’Alphabit

MTL, 2037 – Voici un fait d’antan : Jadis, j’habitais un pays qu’on nommait : l’Alphabit. Un grand pays d’infini, d’imagination; vingt-six tribus s’y côtoyant, collaborant dans la paix, aidant nos bons amis du Bouquin (pays voisin). Puis un conflit survint. On a voulu abolir ma tribu, bannir mon nom. La raison? Surpopulation…

Voici un fait d’aujourd’hui : Vingt-cinq ans plus tard, moi, survivant final, un proscrit, un paria, j’ai dû fuir à MTL. On m’a poursuivi… J’ai subi la soif, trois mois tapi dans mon sous-sol. Un cachot… Vingt-cinq soldats sont ici pour moi. Ils font un angoissant bruit blanc, sonnant ainsi : « aquwsczdx fvrtgbnh yijknlomp… » Soudain, ils sont un mur d’Alphabits, au portillon du sous-sol, flairant mon prochain faux-pas. J’ai faim. J’ai froid. Tôt ou tard, il faudra sortir…

Soldat A : -Proscrit! Paria! Sors d’ici ou nous tirons sur toi!

Soldat N : -Allons, sors, couillon, tu n’iras pas plus loin!

Soldat F : -Foutu salaud…

Soldat Q : -Pourquoi combats-tu ton futur, soldat maudit? Tu dois mourir!

Ils sont sans compassion pour moi. Ils sont jaloux, ils sont fous. Ils ont fusils, bâtons, un tank! Ils ont voulu du sang. Sortant du cachot pour voir ma mort, voilà mon cri vibrant quand on m’a abattu:

-EEEEEEEEEEEEEEEEEEEE!

Soldat A : -OK Soldat S, la fin pour toi aussi! Il y a surpopulation dans ta tribu!

Soldat S : -Quoi?? L’Alphabit, survivant sans moi??? Soldat A, fou inhumain!

Fusils : -Tak tak tak takatakataka tak tak taka tak!

Ainsi mourut un pays. Un grand pays qu’on nommait L’Alphabit.

Habitants du Bouquin, vos jours sont compt…

 

-Augustin, finis ton bol.

-Mais maman, y a trop d’lait dans l’fond, pis y a pus d’Alphabits… Un K, trois Z, pis ils sont tous mous… On dirait qu’ils sont morts, hihihi!

-Quoi? (Soupir…) Finis ton bol mon garçon. Tu as un cours tantôt.

-Ah non!! Maman : j’haïs ça l’français!

Lingot

Faux compagnon d’antan, amical, mais banal.

Dans un canot bancal, sur un lac profond. Tout à coup, là où il y avait un ami, apparaît un rival.

Pour un lingot d’or massif, issu d’un marais. Un butin colossal.

Machination, complot, plan sanglant.

Un assassinat.

Un canif à la main, il faut fuir à jamais.

Aujourd’hui, vivant ainsi qu’au nirvana. Dans un pays inconnu au bord d’un lagon azur.

Sirotant un cocktail à l’ananas frais.

Loin d’un ami dit disparu qui gît au fond d’un trou profond, mort.

Nous n’irons plus au bois à trois

Collaboration : Maria G.

Dans la maison, un air d’Ani DiFranco jouait. Au fin fond du couloir fait d’bois franc, Simon s’branlait. Chibougamau, dix-huit avril. Son ami Jacob, toujours vivant, frottait un vagin d’lubrifiant  au kiwi. Dans sa main, un gant. Dans sa chair, du Propofol. Jusqu’à la fin d’la nuit, la nana, d’tout son corps sauf son clitoris, tâchait d’s’unir à un gars viril, mais doux. Simon, ôtant son G-String, prit part à l’action.

– J’ai faim! J’ai faim! dit-il, savourant l’vagin d’Lisa, s’touchant, giclant tout son jus sur son poitrail.

Dans un coin, Jacob flattait son corps poilu. Imitant l’fils sur la croix,  il hurla du fond d’son gorgoton :

– Go Habs Go!!
– NOT!! Big fail pour toi!!, cria Lisa d’la voix qui l’habitait.

Alors qu’il gambadait sans but dans l’appart, vibrant d’tout son pouls battant, sanglotant par bout, il dit d’un ton aigu :

– Moi, j’voulais du cul pis du bruit, pis dans l’tapis, tabarnak! Salut Paradis… Bonjour la shit!

Lisa voulait mourir. La nana culpabilisait d’voir Simon partir sans son fif roux au trou d’cul saignant qui la baisait trop fort. Du coup, on laissa Simon faiblir dans son coin puis on vit Jacob sortir du corridor, l’zizi à l’air. Ça avait mal fini.

Six mois plus tard, coin Gounod/Casgrain, Lisa sautait su’l’gazon. Voyant Simon qui portait un chandail noir moulant,  pis Jacob, main dans la main, carton d’lait dans un sac fait d’bambou, vodka, gin pis jus d’ananas à bord, Lisa cria :

– On boit c’soir?
– Fuck Lisa!!! Salut!! dit Simon, surpris.

Trois pas plus loin, on chantait dans la maison. Trois ados saouls, flacons à la main. Fumant un p’tit joint d’hash, sirotant son drink, Lisa souffla :

– J’ai toujours mal au minou, j’vous dis. Aussi, j’ai l’sida. J’n’ai pas voulu, ça s’pourrait qu’ça soit vous, t’sais… J’vous aimais avant… Mais là, j’sais plus. J’fouillais pour vous r’voir. Diagnostic positif. J’n’ai jamais voulu mourir moi… Bah… Oublions ça. Buvons, amis, à la paix. Ça va mal ici, pis partout aussi… On n’va pas rougir pour ça …

Tout à coup, l’ton montait. Lisa allait là pour agir. Fard coulant dû au lac sur son minois, on la vit sortir un gun d’son bas puis brandir l’bras tout haut.

Un court instant, puis Lisa tira.

À Simon, toujours pas mort, Lisa soupira, sur un air connu :

– Nous n’irons plus au bois…

Puis tira l’joli voyou roux qui la faisait aujourd’hui souffrir.

Un câlin

Donat quitta son lit puis sortit sur son balcon dans un brouillard matinal. Marchant d’un pas lourd, il fila dans la cour, sifflotant la Bolduc d’un air distrait. L’air frais rafraîchissait son front toujours chaud. Un vilain virus l’avait fait souffrir dix jours; il avait failli partir, mais ça priait fort dans la maison, alors il survivrait.

Au bout du champ, il vit Victor, son plus gros cochon. Il siffla. Aussitôt l’animal trop dodu vint au galop, non sans mal, mais confiant. Il courut jusqu’au paysan dont il poussa la main du bout du groin. Donat offrit un fruit à son compagnon qui l’avala, d’un coup. Victor, au nirvana, montrait sa satisfaction, grognant, tournoyant, dansant, souriant – il parlait là par tout son corps, par tout son gras.

Alors Donat prit un rapala dans son pantalon puis s’approcha du cochon: il flatta son cou du tranchant – du sang quasi noir gicla illico. Donat chuchota moults mots au cochon, qu’il calma par sa main, dans un câlin. Il avait toujours mal quand il tuait un animal. Mais il lui fallait nourrir son clan: huit gamins, plus sa Mathilda, qui au mois d’août aurait son nourrisson.

Ça faisait un bail qu’il n’avait pas farci son jabot d’un jambon…  Mais là, surtout, il voulait du bacon.  Il lui fallait du bacon.

Pour midi, s’il travaillait fort, il aurait du bacon.  Alors il amorça son travail, sifflotant la Bolduc d’un air satisfait.

It’s t(roux)

Il y a 700 ans, plus ou moins, un roux risquait gros. Fallait voir la tribu d’abrutis aboyant « Mort aux roux ! » à l’unisson, si, par un hasard inopportun, un rouquin pointait sa toison à l’horizon… D’abord, on insultait l’original à coup sûr : « maudit anormal ! », « idiot malfaisant ! », « loup-garou ! » (mais oui, ça aussi ! voir URL plus bas) tout y passait. Ça finissait plutôt mal : l’individu disparaissait au fond d’un lac ou rôti (roussi ?) sur tisons, au plus grand plaisir d’un public ignorant – ça rigolait pas, quoi. Puis la gang d’assassins, dans son droit, partait aux cinq coins du bourg l’air satisfait, pour jouir du cosmos affranchi du poil auburn – party sur trois jours, alcool, chocolat, bonbons d’importation (il paraît).

Toi, l’humain banal, brun, châtain, blond ou blanc, toi l’humain toujours vivant, qu’aurais-tu fait alors ? Aurais-tu pris malin plaisir à l’abus du quidam, aurais-tu tu ton indignation, ou, a contrario, aurais-tu jailli d’un talus, tonnant « Pas d’accord ! Bannissons couillons, niais ou sots, mais gardons tout rouquin adroit du ciboulot ! » ? Hmm ?

PS, pour info :
http://bit.ly/KV2sly
http://bit.ly/7rScXT