90e thème

Thème :

Jus

Contrainte:

Mentionner un insecte.

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Les petites facilités de la nature

Anecdote entomologique

Fait étonnant, à l’état de larve, la mouche à feu, ce vers luisant, se nourrit d’escargots. Pour atteindre la bioluminescence, bébé luciole mange divers petits invertébrés. Le temps d’une année sans relâche. Gourmande.

La technique de chasse mise au point par le créateur de la créature est fort simple. Il s’agit de surprendre le mollusque par derrière ou sur le côté (possiblement par-devant aussi) et de lui injecter une substance personnelle et paralysante. Aussitôt, la victime cesse de bouger et son intérieur se liquéfie sous l’effet du poison.

Ne reste plus qu’à aspirer le jus. Élégant.

On s’en fout

Canicule.
Cette chaleur handicape la ville qui ne se meut pas. Paralysie générale chez l’homme moyen.
Pas chez nous. Nous, on s’en fout.

Les cigales chantent. Montréal ne bat pas son plein, mais nous, on s’en fout.
La sueur perle sur ton front et je sens les gouttes tomber sur mon dos cambré. Dans la nuit brulante, tu maitrises ce va-et-vient qui me plait tant et je m’apprête à t’aimer pour l’éternité.

Tu te retires pour me retourner. Les mots ne servent à rien. Je vois dans ton regard le désir de me goûter. Je me sers à toi sur un plateau d’argent. Les Romains doivent nous envier. Tu lapes mon sexe, assoiffé de mon jus, ivre de moi.
Le reste ne compte pas, ne compte plus. Nous, on est fous.

À mon tour, je prends un malin plaisir à te déguster. Doucement au début, puis plus vigoureusement, comme si tu étais mon dernier repas. T’entendre murmurer m’excite d’autant plus et je jouis, encore, avec toi, même si on ne me touche plus. Je te bois. Nous, on boit tout.

À l’heure qu’il est, nos corps humides sont enlacés. Tu caresses ma joue, je relève la tête afin de croiser tes yeux. Je te souris. À ton tour, tu relèves la tienne pour mieux m’embrasser.

Maintenant, la pluie peut bien tomber. Mouiller la ville comme tu me fais mouiller. Maintenant, la nuit aussi peut venir.
Nous, on s’en fout.

Lac

Je suis au milieu du lac et
Le soir tombe
Je pose la canne à pêche
Je démarre le moteur électrique

Rien
La batterie est morte
Y’a plus d’jus

Je sors les rames et
Je me rapproche lentement du rivage

Sur ma main découverte
Vient se poser une première mouche noire

J’en devine alors des nuées se former
Autour
Prêtes à attaquer
Je suis désormais une proie facile

La rentrée sera difficile

Un boui-boui , un café

J’ai encore la tête pleine de questions. Que s’est-il passé pour que je me retrouve dans cette chambre sordide ? Était-ce un cauchemar ? Une hallucination ? Une descente dans les bas-fonds ?

J’ai donné rendez-vous à Charlotte, Viviane et Mélodie.

Une fois les chocolats servis je commence le récit de ma folle journée.

Je m’étais rendu dans un quartier de la ville que je connaissais très peu. Sans être perdu, j’étais désorienté. Je suis entré dans un boui-boui pour demander mon chemin. J’ai commandé un café. Qu’elle erreur ! C’était le pire jus de chaussette que j’ai bu. Les nombreux sachets de sucre que j’avais ajouté pour masquer le goût non rien changé: ce café était tout simplement infect.

Après avoir eu quelques indications sommaires, je repris ma route. Je ne sais si c’était le soleil ou tout le sucre que j’avais avalé mais je me suis mis à me sentir mal. Je ressentais de fortes palpitations. Puis ce fut le trou noir, le coma.

Mes amies m’interrompais peu, trop absorbées par mon récit tiré par les cheveux mais pourtant véridique.

Je racontai tout jusqu’à mon réveil et mon incrédulité de me retrouver dans cette chambre miteuse.

–  Tu es l’artisan de ton malheur dit un dicton. Si je n’avais pas pris cet imbuvable café aussi rien de tout cela ne me serait arrivé. Vous me croyez n’est-ce pas ?

– T’as une araignée au plafond me dit Charlotte en se dirigeant vers les toilettes du café.

Distraction

Y’a des matins comme ça, où rien ne semble aller comme on le voudrait.

Je me suis préparé un jus, super énergisant, détox et santé. Pommes, carottes, concombres, menthe… Un délice.

C’est alors que juste comme ça, une mouche a décidé d’aller s’y plonger. MERDE!

Je passe au moins quelques minutes, découragée, à me demander si je jette le mélange au complet ou si je retire la mouche avec une cuillère et que je déguste mon jus. Je n’ai pas assez d’ingrédient pour m’en faire un autre, je déteste gaspiller, c’est quand même juste une tite mouche.

Je retire la mouche et le jus qui l’entoure, au  même moment le téléphone sonne. Cuillère à la main je réponds, Judith m’annonce qu’elle est enceinte! Je suis super heureuse, on discute quelques minutes et je raccroche.

C’est là que, prise dans le bonheur de la nouvelle, j’ai oublié ce que je faisais et je me suis mis la cuillère dans la bouche.

YARK!!

J’étais tellement dégoûtée que ça m’a enlevé le goût du jus…