37e thème

Le thème:

La vie idéale

Contrainte: 
 
Le texte doit être positif.
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Dans tes bras

Le soleil se couche et nous nous promenons. Main dans la main. Nous sommes heureux. Au coin de la rue, tu me donnes un authentique baiser de cinéma avant que la lumière ne tourne au vert. Tu as les cheveux pleins de flocons de neige et le bout du nez froid. Je t’aime.

La vie idéale, c’est dans tes bras.

 

Une vie idéale? pffff….

La vie idéale…. Quel concept! Créé de toute pièce par l’esprit humain.

Rêver d’avoir ce que l’on ne possède pas, souhaiter un monde meilleur. Vouloir avoir les choses qui selon nous manquent à notre bonheur. On passe notre vie à essayer de la rendre parfaite. On se créé des attentes, on voudrait que ce soit comme dans les films.

Selon moi, la vie idéale, ça n’existe pas. Ça fesse comme opinion, non?

L’herbe sera toujours plus verte chez le voisin. On souhaite plus d’argent, plus de temps, plus de biens matériels, plus d’amour, moins de problèmes, moins de dettes, moins de travail, moins de stress. On veut la femme du voisin, les fesses d’une célébrité, la job du boss, le talent de ce chanteur connu ou encore le salaire d’un joueur de hockey.

Bref, on veut. On est grugé par l’envie.

Comment peut-on réellement savoir ce qui constituerait notre vie idéal? Comment savoir réellement que telles ou telles choses nous rendra plus heureux? Celui qui a de l’argent en veut toujours plus ou désire autre chose. Nous avons été créés avec cette faille : nous resterons à jamais insatisfaits de notre sort, toujours à en vouloir plus.

Il faut donc éviter de définir la vie idéale et se concentrer sur la vie point

Une vie idéale ne peut être  jugée qu’à la fin de nos jours. C’est au jour de notre mort que nous pourrons avec certitude dire « j’ai eu une vie idéal ». Pour ce faire, il y a quelques règles à respectées :

 1- On ne vit pas dans le passé. Inutile d’idéaliser sur ce qui est arrivé ou encore de regretter nos décisions. Il n’est pas possible de les changer, on regarde en avant.

 2- On ne vit pas non plus dans le futur. Encore une fois, inutile d’imaginer que demain sera mieux qu’aujourd’hui.

 3- On doit vivre dans le présent. C’est la seule chose qui compte. AUJOURD’HUI.

 4- On doit vivre comme si c’était notre dernière journée. À tous les jours, on dit au monde qui nous entoure qu’on les aime, on se laisse bercer par les petits plaisirs de la vie.

 5- On assume nos décisions. Chaque décision prise était, au moment de le faire, la meilleure option, la chose qu’on voulait faire. C’est l’ensemble de ces décisions qui vous ont mené à la personne que vous êtes, qui ont développé votre caractère, vos relations avec vos proches. Sans ces décisions vous auriez vécu une autre vie. Il est cependant inutile de s’imaginer qu’elle aurait été meilleur (voir règle #1. Vous auriez seulement eu d’autres problèmes et d’autres insatisfactions.

Voilà la recette.

Moi ma vie idéale, je la vis à tous les jours!

La vie rêvée

Je vais souvent au petit bar d’en face.

Il arrive alors que je pense à la vie que j’aurais pu vivre, l’autre.

Pris de nostalgie, l’endroit l’impose, c’en est même le temple, je suis assailli d’émotions qui enfouies le jour partout dans mon corps se dégourdissent la nuit pour trouver leur chemin jusqu’à mon esprit.

Le cul bien enfoncé dans mon tabouret doublé de cuir brun, j’ose le scénario qui n’a pas eu lieu.

Je ressasse.

Habituellement ça ne dure pas et d’un geste de la main, comme si je chassais une vilaine mouche, j’expédie ailleurs ces pensées du passé qui minent le présent.

Plus tard dans la soirée et pendant mon retour, la vie idéale se résume à mon lit, ce grand matelas qui me recueille toutes les nuits.

Faut dire que j’aime ce bar à l’ambiance feutrée, où la lumière jaune réchauffe et tamise les affres de la réalité.

Je suis un homme d’atmosphère, j’y peux rien, j’suis comme ça.

Une musique de jazz ajoute à mon transport et tout redevient possible, l’espace d’un temps.

Chaque soir, c’est un tour du monde en bouteille qui défile devant moi, avec ses parfums d’Amérique, ses accents du sud, ses couleurs insulaires et ses goûts d’ailleurs.

Toutes ces potions, toutes ces options – autant de chemins enivrants.

Un miroir avantageux me renvoie l’image d’un homme, ici, intemporel.

Puis y a cette fille, avec qui j’aime parler, avec qui j’aime rire.

Mais je m’égare et j’ai trop bu.

J’ai ici des engagements, dont celui de respecter une promesse

Même la vie idéale n’est pas sans contraintes.

Je vais vous en donner une recette

D’abord, prendre un shaker, y mettre ensuite :

De bonnes prédispositions

Une enfance heureuse

Garder au loin le malheur, les accidents et les mauvais comportements

Ajouter une bonne dose d’épanouissement, de passion et de voyages

Du rire et de la chance, beaucoup de chance

Des amitiés sincères

Un soupçon d’audace

Des rencontres déterminantes

Une blonde

Une surdose d’amour

Des vacances et du soleil

Des tas de moments tendres

Ne manquer jamais de rien et ne jamais trop vouloir

Une mort sereine

Mélanger le tout et verser dans un grand verre à Cocktail

Garnir d’une touche tout à fait personnelle

Servir avec deux pailles

Août ’88

Couchés sous un ciel orange et rose de mi-août, Margot tenait la main de Louis et soupirait que le ciel était hallucinant. On aurait dit de la barbe-à-papa impossible à goûter, comme les biscuits sablés qui reposaient sur le haut de l’armoire et qu’elle n’arrivait pas à rejoindre, dans les souvenirs de son enfance. Louis caressait les cheveux fins de Margot et l’embrassait sur le front. Il aimait voir son amoureuse béate devant la beauté naturelle, sa façon d’être touchée par ce qui vivait sans l’aide de l’homme. Une brise chaude les berçait. Margot se blottissait contre Louis, qui la retournait pour la regarder droit dans les yeux. Il examinait les minuscules rides qui commençaient à paraître près de ses yeux, passait un doigt sur ses lèvres, remontait la mèche de cheveux qui lui traversait le visage…

-C’est vrai que c’est beau…

Un peu plus bas, dans la ruelle, Simon reculait dans une sorte de danse en criant :

-Awèye! Awèye! Lance-la, ta p’tite garnotte!

Il attrapa le ballon de ses deux bras, le recevant en plein ventre, lancé de toutes les forces du petit corps frêle de Jonathan. Les rires d’enfants, toujours plus forts, montaient vers le ciel et valsaient avec le vent.

Chers lecteurs

Nous avons tous un petit côté quétaine plus ou moins bien assumé.  Certains écoutent Occupation Double, d’autres collectionnent des bibelots ou cassent les oreilles du monde en surinterprétant de vieux hits au karaoké du coin. J’assume très bien mon côté quétaine, c’est pourquoi je peux affirmer sans gêne avoir passé un temps fou ces dernières années le nez fourré dans des livres de psycho-pop ou de croissance personnelle.  Je connais par coeur, pour les avoir complètement assimilés, des dizaines de dictons, de citations et de proverbes sur la motivation et sur le sens de l’existence humaine.

Je pense que je vise la sagesse, rien de moins.  J’ai la conviction que chaque bout de phrase, chaque humain que je croise, chaque moment que je vis peut m’apprendre quelque chose. C’est moi qui ai choisi le thème, cette semaine: la vie idéale.  Je l’ai choisi non seulement pour moi, mais aussi pour vous; parce qu’après avoir feuilleté des milliers de pages, mon cerveau ressent un grand besoin d’évacuer, et tant qu’à écrire, aussi bien le partager! Si je peux un jour encourager ne serait-ce qu’une seule personne à entreprendre des démarches concrètes afin de réaliser ses rêves, j’aurai déjà fait beaucoup.

Entrons donc dans le vif du sujet, si vous le voulez bien. Lire la suite « Chers lecteurs »

Bonbon à la carotte

Anastasia en peut plus d’être enceinte, les hormones la rendent épouvantable. J’ai l’impression qu’elle passe ses journées à crier après le monde. Qu’elle baise un coup, que je me dis! Mais non, y’en a qui baisent pas quand elles sont enceintes, malheureusement pour l’entourage. Dans ma vie idéale, je croiserais juste les femmes enceintes qui baisent. D’ailleurs, Anastasia, comme tout le monde, elle court après sa vie idéale. Elle s’énerve après tout ce qui fitte pas, elle tente en vain de raccommoder un trou béant. C’est sans doute cette déchirure qui la fait crier à tout bout de champ. C’est vrai que ça fait mal, quand le vide te prend. C’est vrai que c’est décourageant, quand tu finis par attraper ta carotte et qu’elle goûte la vulgaire racine. Ça donne envie de hurler, de te tailler les veines, de décapiter ton prochain.

Mmmm. Ah oui, positif.

Tous les matins, je croise un père et son fils sur le chemin de la gare. Il y a environ une semaine, on a commencé à se dire bonjour. La première fois, c’était fantastique : un magnifique sourire sincère, juste pour moi, de la part de quelqu’un dont je ne connais même pas le nom. Mercredi j’apporterai des bonbons au petit gars.