Fée Courtepointe contre le Bonhomme Sept-Heures

Bientôt sur votre petit écran: La suite des aventures de votre héroïne favorite: Fée Courtepointe! Dans ce deuxième épisode, la gentille sorcière couturière poursuit sa mission: donner en cadeau aux humains des couvertures magiques, qui chassent les mauvais rêves et l’insomnie… en échange d’une bonne action donnée en cadeau à un inconnu. Mais cette fois-çi la Fée a un ennemi de taille: le Bonhomme Sept-Heures! Saura-t-elle vaincre ce vieil adversaire qui torture le sommeil des doux enfants? C’est ce que vous pourrez découvrir dans ce film à ne pas manquer cette semaine, à Télé-Québec.

« Fantaisiste et palpitant! Nous donnons 4 étoiles! » -La Presse 

« Les décors sont colorés et à couper le souffle! » -Le Journal de Montréal

« Belle fantaisie remplie d’imagination, scénario bien ficelé. » -Le Devoir

Vivre pour toujours

Au début, il y avait un petit garçon, nommé Léo. Dès que l’école finissait, ses parents l’amenaient en campagne chez Mamie. Ce dernier adorait passer les vacances de noël chez sa grand-mère. Ses parents venaient le rejoindre pour célébrer noël en famille, mais comme ils devaient tout les deux travailler entre noël et le jours de l’an Léo restait chez sa grand-mère jusqu’au retour en classe.

Mamie avait une belle grande maison ancienne en pierre avec une véranda qui faisait le devant complet. Elle n’avait pas de voisin proche et il y avait toujours beaucoup de neige. La maison était toujours bien décoré. Dès qu’on empruntait le chemin pour s’y rendre, on ne pouvait s’empêcher de sourire. En effet, la maison de mamie pouvait bien ressembler à une de celle vu sur une carte de noël.

Léo adorait jouer dehors à faire des bonhommes de neige et des forts incroyables. La neige était toujours parfaite et il n’en manquait jamais. Quand le soir tombait, il rentrait se réchauffer près du feu (qui brûlait toujours dans le foyer) et Mamie lui apportait un chocolat chaud. S’il faisait trop froid pour jouer dehors, ou les jours de tempête, Léo restait à l’intérieur avec Mamie. Ensemble ils cuisinaient des biscuits par centaines, faisaient des décorations pour le sapin ou la maison. Ils leur arrivaient aussi de tout simplement jouer à un jeu ou faire de la lecture. On ne s’ennuyait jamais chez Mamie, et ce, même s’il n’y avait pas de télévision.

Mamie était très vieille, depuis quelques années, les parents de Léo lui disait de ne pas trop lui en demander, qu’elle devait la prendre facile, de ne pas trop lui en mettre sur les épaules. Cette année, il avait même entendu ses parents discuter de la possibilité de ne pas l’envoyer passé les vacances. Léo avait été très déçu. Mais sa grand-mère leur avait fait entendre raison, avoir un enfant dans la maison la rajeunissait, elle était en bonne santé et désirait plus que tout profiter de chaque instant. Elle leur ferait savoir si elle ne se sentait pas à la hauteur. Bref, Léo se retrouvait encore une fois, avec Mamie pour les vacances.

Cela faisait déjà trois jours que Léo était arrivé, il avait passé la majorité de l’après-midi sur la construction de se qui serait sûrement le plus grand et le plus génial fort jamais construit. Il était présentement assis devant le feu, les joues rouges et les cheveux ébouriffés, entrain de déguster le meilleur chocolat chaud du monde. Mamie approcha.

-Comment tu vas mon garçon? tu as passé un bel après-midi?

– Oui mamie! tu vas voir, ce fort il sera génial!!

– Je n’en doute pas Léo, tu as toujours eu de bonnes idées. Viens t’assoir près de moi poussin, j’ai quelque chose à te dire.

Léo fit comme sa grand-mère lui demanda. Il trouvait bien curieux que Mamie lui fasse ce genre de demande puisqu’il pouvait très bien l’entendre d’où il était assis.

Mamie pris un air sérieux

– Tu sais garçon que Mamie ne rajeunit pas. Je vais te dire un secret aujourd’hui, un secret que ma grand-mère m’a dit quand j’étais toute petite. J’ai attendu que tu sois assez grand pour comprendre puisque c’est ce secret  qui a dicté bien des choses dans ma vie. C’est à cause de ce secret que je suis encore ici aujourd’hui et que j’ai l’intention d’y être pour encore très longtemps. Mais comme on ne sait jamais ce que la nature nous réserve….

– Je t’écoute Mamie…

– Quand j’étais petite, j’ai demandé à ma grand-mère pourquoi elle vivait si vieille. Il faut comprendre que j’étais très curieuse. Elle m’a dit que c’était parce qu’elle voulait tout savoir. Une réponse bien vague, et bien impossible me dira-tu, et c’est ce que je pensais à l’époque aussi. Mais elle m’a dit autre chose aussi. Elle m’a parler d’une légende aussi vieille que l’homme, qui est passée de génération en génération jusqu’à aujourd’hui. Si tu deviens la personne la plus vieille au monde, tu reçois un cadeau. Un cadeau  tellement important, tellement immense qu’il est difficile à croire qu’il n’existe pas une compétition pour le recevoir

– Mais qu’est-ce que c’est ce cadeau Mamie??

– Il paraîtrait que lorsque tu deviens la personne la plus vieille au monde, tu reçois tout le savoir du monde. De sa création jusqu’à sa destruction. Tu sais pourquoi le ciel est bleu et pourquoi la terre est ronde. Tu connais tous les mystères de l’Univers. Tu comprends Léo qu’il s’agit d’un cadeau magnifique, mais qui a un poids énorme. C’est pourquoi certaines personnes ne vivent plus très longtemps après avoir reçu ce cadeau. Mais tu me connais, je suis tellement curieuse que j’ai toujours tout fait pour m’assurer de devenir un jour la personne la plus vieille du monde, pour recevoir ce cadeau.

C’est la raison pour laquelle je t’en parle aujourd’hui Léo, parce que je veux que toi aussi tu veuilles te rendre jusque là. La vie c’est le plus beau cadeau que l’on reçoit, et il faut en profiter au maximum et pour le plus longtemps possible.

*****

Aujourd’hui, Léo a 111 ans, il n’est pas encore la personne la plus vieille du monde, le doyen a aujourd’hui 115 ans. Mais Léo a bon espoir de pouvoir un jour être le doyen de l’humanité. Plus que quelques années tout au plus. Sa grand-mère n’aura pas eu la chance de vivre si âgée, peu de temps après lui avoir partagé son secret, elle a glissée sur une plaque de glace et s’est cassée une hanche. Après l’accident,  elle n’ait jamais redevenu la femme énergique qu’elle avait été avant et elle est décédé quelques années plus tard.

Léo a son tour, a récemment partager le secret de sa grand-mère avec ces petits enfants, il espère ainsi leur donner le plus beau cadeau du monde, comme sa grand-mère lui a donné celui de vouloir vivre pour toujours.

La panne

Il était une fois…

Samuel et Virginie qui s’étaient bien installés devant le téléviseur, après avoir ouvert leurs cadeaux. Ils attendaient patiemment que commence leur conte de Noël préféré, quand tout à coup, POUF! une panne!

On ne saura jamais c’était quoi le film.

Fuck, y fait encore noir.

Fin.

Surprise à l’école

Ce n’était pas un matin comme tous les autres.  Depuis quelques jours, on sentait lentement monter l’ambiance de Noël dans l’école. Les décorations traditionnelles étaient sorties des placards pour orner les corridors de boules géantes et de guirlandes étincelantes.  La cafétéria avait des airs de Fêtes; un grand sapin illuminé trônait au milieu des tables pliantes, mais la tourtière au menu n’avait rien à voir avec le plat généreux mitonné par une grand-mère. Il fallait la noyer dans une mer de ketchup et l’avaler sans y penser.

Ce jeudi-là, les enfants de la maternelle étaient excités: ils allaient bricoler avec leur professeure une carte de Noël à envoyer la semaine d’après à une personne seule qu’ils connaissaient, et à qui ils voulaient faire plaisir. Rachel leur répétait souvent que l’amour qu’on porte aux autres par nos gestes est beaucoup plus précieux que n’importe quel cadeau. Ça rend heureux de rendre les autres heureux, disait-elle, et le bonheur, quand on le donne, il nous revient souvent au centuple.

Ils venaient à peine de commencer à découper des cartons colorés lorsqu’un grand bruit se fit entendre dans le corridor. Boum-boum-boum – on aurait dit des tambours. Les enfants figèrent sur-le-champ et ouvrirent de grands yeux, questionnant du regard leur professeure. Le sourire un peu crispé, l’air inquiet bien malgré elle, Rachel alla jeter rapidement un coup d’œil à travers la fenêtre de la porte de sa classe. Quelques secondes s’écoulèrent tandis que les coups se rapprochaient.  Mais un large sourire se dessina finalement sur son visage. Rachel se tourna vers ses élèves, ouvrit la porte et d’un grand geste du bras, elle annonça l’arrivée d’un visiteur.

Un ballon à l’hélium fit irruption dans la pièce. Puis un second. Puis une dizaine. Un joli lutin aux couleurs de Noël, qui portait les ballons, glissa sur ses chaussons à grelots jusqu’au bureau de Rachel. «Wow!» s’exclamèrent les enfants. Le lutin leur fit un clin d’œil.

Dans sa main droite il tenait un fusil à bulles. Il leva prestement son bras bien haut dans les airs et de puissants POW-POW eurent tôt fait de remplir la classe d’une mer de bulles brillantes qui installa sur-le-champ une ambiance très festive.  Les enfants éclatèrent de rire et se levèrent pour applaudir. Ce n’était pas fini! On entendait toujours d’autres coups résonner très fort dans le corridor… Sans plus attendre, des chérubins tout souriants entrèrent dans la classe, frappant avec vigueur la peau de leur tambours dorés. Ils fûrent rapidement suivis par des fées étoilées qui portèrent chacune une flûte à leur bouche. Un air de Noël, beau à couper le souffle, jaillit alors de leurs instruments. La magie opérait! Les yeux des enfants brillaient de mille feux.

Sans jamais prononcer un seul mot, la fanfare tira sa révérence et s’en alla joyeusement par où elle était venue, s’éloignant dans le corridor pour émerveiller une autre classe.

Rachel referma la porte doucement, un grand sourire aux lèvres. Elle-même était fascinée. La direction lui avait dit qu’ils préparaient une surprise pour les élèves, mais elle n’aurait jamais imaginé une pareille mise en scène!

Elle revint s’asseoir sur son bureau, devant ses élèves qui rigolaient et gazouillaient bruyamment comme des oiseaux au printemps. La joie. La joie pure!

« Les amis, écoutez-moi! » lança-t-elle d’un ton enjoué.

Le silence se fît peu à peu et des regards lumineux se tournèrent vers elle.

« Ce matin la joie est entrée dans notre classe sous la forme d’une fanfare. Ça vous a rendu heureux, n’est-ce pas? Je suis certaine que vous comprenez encore mieux, maintenant, comment le bonheur se transmet, et à quel point il est contagieux. Nous faisons justement la même chose, ce matin! Nous envoyons de la joie en cadeau à une personne qui en a besoin, sous la forme d’une belle carte. Notre bonheur se rendra jusque dans son coeur, et mon petit doigt me dit que cette personne aura sûrement le goût, elle aussi, de partager son bonheur! Alors prenez vos crayons, et dessinez-lui la plus belle carte que vous pouvez! »

Les enfants s’appliquèrent cet avant-midi-là avec une attention toute particulière. Une atmosphère sereine, pleine d’amour, flottait dans la pièce.

Et si on avait tendu l’oreille, on aurait pu entendre les anges voler.

***

NDLR : Cette histoire aurait pu s’être déroulée dans n’importe quelle école, comme celle de Sandy Hook à Newtown jeudi dernier; mais, alors, on n’en aurait pas parlé. Un proverbe chinois dit que «l’arbre qui tombe fait plus de bruit qu’une forêt qui pousse». Personne ne peut prévenir l’imprévisible, ni comprendre l’incompréhensible. Nous pouvons seulement choisir de contrer la violence et la souffrance par la solidarité et par l’amour. Paix aux âmes en peine. Le plus important, toujours, c’est de garder espoir.

À partager

Il était une fois… où je partais à brailler à chaque nouvelle en rapport avec le massacre de Sandy Hook. Pourtant, des histoires aussi sordides (si on veut s’amuser à poser un barème pour calculer l’intensité du dégueulasse), il s’en passe pas mal souvent. Elles sont simplement moins médiatisées. Elles sont plus loin de chez nous. Elles touchent des gens pour qui on se sent moins concerné. Peu importe. L’horreur fait partie du quotidien. Et personnellement, c’est ça qui me mine. Je ne « prie » pas pour les enfants disparus, pour les victimes en général, pour les proches éplorés. Si je devais prier, ce serait pour nous, pour une humanité « meilleure » (whatever that means).

The Onion a publié un article qui résumait pas mal ma pensée du moment: Fuck Everything (*lien plus bas pour les curieux). C’est vrai, pourquoi s’entêter à vivre dans un monde aussi pourri. « Désolée, mais je suis pu capable. Bonsoir tout le monde ». Autre chose à dire? Non, les gens me dégoutent, point. Oui, ça m’inclut. Je pleure devant l’absurdité de retourner à ma routine, comme par indifférence, comme par lâcheté.

Je pourrais continuer à m’apitoyer ainsi sur notre sort d’êtres humains misérables. Mais je pourrais aussi contribuer un peu plus dans l’autre sens, faire ma part pour un retour de balancier. D’ailleurs, comme un retour de balancier, des publications se sont multipliées faisant l’éloge d’une humanité… humaine.**

Alors, pourquoi pas redoubler d’efforts de mon côté. Pas juste donner au gars dans la rue. Pas juste envoyer un chèque aux hôpitaux ou à l’association de recherche de blablah. Pas juste porter des biens à des organismes de réinsertion. Aller vers l’autre, directement. Et pas juste l’ami, la copine. Pas juste le collègue. Aller vers l’autre que je connais pas. Tendre la main, laisser un mot. Dire : « Salut mon frère, et si on se rendait la vie un peu meilleure? ».

L’idée, c’est d’établir un lien, une connexion gratuite.

La semaine passée, notre factrice a glissé une carte de vœux dans la boite aux lettres. Je sais maintenant qu’elle s’appelle Suzie.

Je pense sincèrement que même le plus petit geste compte pour beaucoup. Pour vivre longtemps et heureux, comme à la fin d’un conte pour enfants sur Ciné-Cadeau.

Liens :

* http://www.theonion.com/articles/fuck-everything-nation-reports,30743/

** http://www.buzzfeed.com/expresident/pictures-that-will-restore-your-faith-in-humanity

** http://www.buzzfeed.com/mjs538/moments-that-restored-our-faith-in-humanity-this-y

** http://fci.org/new-site/par-tragic-events.html