27e thème

Le thème:

Numéro

Contraintes:

– Le numéro doit être dans le titre du texte.

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Numéro 143

 

Je suis le numéro 143 et dans quelques instants je saurai pourquoi je suis différent. Ici, dans la colonie, c’est impardonnable d’être différent. C’est une tare grave…

La colonie vit dans le désert, en Arizona, sous le dôme qui nous protège d’un monde extérieur devenu hostile et inhospitalier. Nous sommes 200 dans la colonie. Notre Créateur nous a conçus efficaces, brillants, heureux, forts et beaux, tous pareils, tous parfaits. Sauf moi. En apparence je ressemble à tous mes frères. En dedans il y a quelque chose qui cloche. J’écris des poèmes. Je suis mélancolique. Qu’est-il arrivé dans l’éprouvette au moment de ma conception? Un accident, une erreur? Un neurone défectueux? Je suis comme le grain de sable dans l’engrenage.

Ma vie sous le dôme est monotone et c’est anormal de ressentir cela. Mon rôle est de travailler à notre serre hydroponique. Je travaille avec le no 4, le no 57, et le no 168. Je prends soin de nos légumes, mais c’est la beauté de mes roses qui me réconforte… Parfois, épris de liberté, j’hurle en silence à l’intérieur de mon propre cœur. Je voudrais m’enfuir en courant, les cheveux flottant au vent, et parcourir l’immensité de ce monde que je ne connais pas. Je voudrais rencontrer sur mon chemin les survivants de cette planète mourante… Je voudrais rencontrer des prénoms… Sont-ils aussi sauvages qu’on me l’a raconté?

Dans quelques instants, j’entrerai dans le laboratoire de mon Créateur. Je suis pour lui un mystère. Rien ne peut expliquer les faiblesses de mon tempérament. Il voudra me guérir de ma maladie, c’est certain… Je n’arrive pas à décider si c’est cela que je veux.

Je frémis d’angoisse en pensant à sa rutilante machine à lobotomiser.

Je suis le numéro 143. Je suis un renégat. Je vous écris ces lignes car elles sont peut-être les dernières… Je sais qu’après ma rééducation, je ne serai plus tout à fait le même. Pareil à tous mes frères, pour le bien de la colonie. Mais différent de ce que je suis au fond de moi. Je garde espoir de m’évader, un jour. J’aurai toujours le cœur gonflé de rêves.

23:55

Il est tard, le temps s’écoule….

Pas d’inspiration plus que cinq minute avant mon deadline..

J’y ai pensé toute la semaine, pis c’est jamais venu.

23:56……

Le temps passe trop vite quand on en manque et quand on veut voir la fin arrivée, c’est l’opposé.

23:58……….

Ce sera pas mal ça je pense.

Le 77

26 ? Le 26 ?

26 – on n’est rendu qu’au 26 – moi j’ai le 77 – c’est pas près d’être mon tour –

Je récapitule – j’en ai besoin –

On est le 23 décembre – j’suis pas prête, comme d’habitude – et voilà que je me pogne ça – qu’est-ce que je couve encore – comme si la vie ne m’éprouvait pas assez – recevoir la belle famille – je frissonne depuis trois jours – dehors il fait froid – ici c’est la surchauffe – et tout ce monde –

J’espère que c’est pas encore une pneumonie – comme y a dix ans et que je crachais du sang sur la première neige de novembre –

46 ? Le 46 ?

Je regarde cette petite vieille qui s’avance difficilement – voilà ce qui m’attend si j’arrête pas de boire, de fumer… de toute façon c’est ce qui m’attend – de toute façon la vie c’est pas un concours à celui qui vivra le plus vieux y va gagner – sur 10 mille ans – en vivre 5 de plus – c’est pas majeur – surtout si c’est un 5 ans à s’faire chier –

Je vais à coup sûr avoir une contravention ce soir – en plus – c’est sûr – au rythme où ça va –

Symptômes – SVP – lâchez-moi – j’ai mal à la gorge – je renifle – je tousse creux – je crache du vert – très sexy tout ça la veille de Noël – ça va sûrement très bien fitter avec le sûrement déshabillé sexy (rouge) que mon chum va sûrement m’offrir comme il me fait la surprise chaque année – et là j’parle pas de la fièvre qui m’envahit – j’suis brûlante – et ça n’a rien avoir avec être chaude – j’vous l’assure –

JE VEUX PAS D’ANTIBIOTIQUES POUR LE TEMPS DES FÊTES – JE VEUX BOIRE – JE SUIS TANNÉE D’ÊTRE AU SERVICE DES AUTRES À EN ÊTRE MALADE – JE VEUX ME SAOULER – AVOIR DU FUN

Le 66 ?

J’implore j’sais plus qui pour m’en sortir ce coup là ! J’espère que j’vais pas passer le jour de l’an à l’hôpital – j’ai déjà donné – je supporterais pas – je vais y rester si ça se produit –

77 ?  Le 77 ?

C’est moi – c’est moi – quelle chaleur y fait ici –

Qu’est-ce que j’peux faire pour vous ma p’tite dame ?

Je vais commencer par un gigot d’agneau du Québec – on est treize – avec l’os –

1969-2012 ou Le Repos de la Guerrière

La première fois que je t’ai vue, ça fait longtemps…
En fait, j’sais même pas combien de temps, j’suis pas ben bonne là-dedans…
Tu te rappelles-tu?

Je devais aller voir un show ou retrouver des amis… J’suis arrivée au Quai, et tu fumais avec mon cousin, JBJr.  Il nous a présenté, et tu m’as sauté dessus en me serrant très fort, en criant « MAUDE ROCK!!!! » comme si tu me connaissais, comme si j’étais ta vieille chum depuis des siècles, comme si je t’avais manqué.

Tout un numéro.

C’était la première fois que je te rencontrais, Ève Cournoyer, et tu es entrée dans mon cœur comme une flèche: droite, profonde, solide. Tu l’as traversé pis t’en es jamais ressortie.

Ça m’avait bouleversée. Pour une des rares fois dans ma vie, je sentais que je comptais.
C’est drôle, c’te sentiment-là…
On ne se connaissait même pas, je n’avais jamais écouté ta musique et je te trouvais merveilleuse. En une seconde, tu avais pris plus d’importance dans ma vie que bien des gens.
Parce que je te sentais vraie, pure, brave.
Parce que je te sentais humaine.
Parce que, déjà, je t’aimais.

Et ça m’avait marqué parce que je te connaissais de nom et je n’arrêtais pas de me demander comment une grande femme comme toi avait pu entendre parler de moi, d’où venait cette fessée d’amour que tu m’envoyais dans face, moi qui me trouvais si petite, si peu…

Après, tu jouais souvent au P’tit Bar. J’suis allée te voir un soir où JBJr jouait pour toi, en première partie. C’était la première fois que je t’entendais.
Illumination. Révélation.
Tu as éveillé en moi un drôle de sentiment, peut-être le même qui assomme les gens qui deviennent prêtres, ou moines… Je ne sais pas. Pour moi, c’était clair, tu étais la plus grande de toutes, la plus forte, la plus belle. Tu étais mon modèle.

Après le spectacle, je me sentais toute petite, encore plus petite que mon 4 pieds 10. Tu m’as embrassée et c’est là que je t’ai dit que tu étais comme un mélange d’Ani diFranco et de Diane Dufresne, mais en plus grande. Tu es comme tombée sur le cul et tu m’as dit de t’écouter, en me tendant Sabot-de-Vénus. C’est ce que j’ai fait. Pis j’ai enchaîné avec L’Écho qui m’a passé dans le corps, dans le cœur, qui m’a traversé, qui me perfore encore. Et pareil avec ta Tempête qui me bardasse encore le ventre. Sans parler du Labeur

Pis on s’est revues plein de fois.
Au Quai, au Cheval…
À mon anniversaire où tu nous avais offert, à moi et à Djou qui fêtions en même temps, un genre de petit papillon.On s’est rappelée ça cette semaine, ça pis plein d’autres trucs plein d’amour. J’te dis que tu nous en fait revivre des émotions cette semaine, ma belle grande amie…

T’avais le don de me dire les vraies choses, les bonnes choses.
T’avais le don de me remettre sur ma voie, de me faire voir la réalité avec de nouveaux yeux.
T’avais l’don de me traiter comme une petite sœur, comme si tu voulais me protéger tout en me laissant aller…
T’avais ben des dons.
T’avais le don de dire mon nom comme s’il y avait de la lumière dedans. J’aimais ça.
T’avais le don de nous rendre bien.

J’sais pas trop pourquoi je t’écris tout ça… Au fond, c’est tout mêlé dans ma tête pis je tourne en rond. J’arrive pas à te dire ce que vraiment je voudrais te dire… Ça sort pas. Ça se coince un peu dans le creux de ma gorge…

Au fond, j’veux peut-être juste te dire que je t’aime.
Au fond, je veux peut-être juste te dire que je ne t’en veux pas.
Je ne comprends pas tout, mais je ne suis pas fâchée. Je ne te dis pas que j’accepte sans rechigner, mais je ne suis pas fâchée. Je trouve ça difficile, je pleure beaucoup, j’en arrache en criss, mais je t’aime, mon amie.
T’as pas à tant faire, ma guerrière.

Merci pour la force et le courage que tu m’as transmis.
Merci mon amie.
Je t’aime, pis j’suis pas toute seule à t’aimer.
Oublie pas ça, ok?

Allez, va te reposer!

Je t’aime, Eve. Salut!

26

Un 26 décembre, ta grand-mère mourrait à 26 ans,
laissant dans le deuil ton grand-père
et leur fille unique de 4 ans (ta mère).

26 ans plus tard exactement, le 26 décembre,
tu naissais enfin (à reculons)
après avoir failli y rester plus d’une fois.

Plus tard, tu as rencontré celle qui est aujourd’hui ta blonde.  
Curieux hasard, sa grand-mère porte le même prénom que la tienne.  
Elle est née aussi la même année qu’elle.  
Un 26 janvier.

La naissance de ton fils fût prévue pour le 27 octobre;
sans trop de surprise, il s’est plutôt pointé le 26.

Il en pleut, des 26, dans ta vie.  
Peut-être moins surprenants que ceux-ci,
mais tout aussi intrigants.

Ce chiffre te suit depuis toujours.  
Il est pratiquement devenu un «running gag».

J’écris d’ailleurs ces mots
alors que nous publions sur le blogue
les textes de notre 26e thème.

Je me demande ce qui va arriver
en 2026.

Le jeu du lundi : 10 titres

Trouve les 10 titres cachés derrière ces jeux de mots vaseux et cours la chance de gagner ton poids en bananes virtuelles!

Indice : chaque titre contient un chiffre.

–       Cévennes

–       Le Comte Émile est Inuit

–       L’étroite petite cochonne

–       Nein!

–       Laisse m’en un, de dalmatien

–       Demi-nain, oh dis, ça dépasse !

–       L’est dans la merde

–       Mine d’œuf sans quart de vin plate

–       Laisse cette mère su’é nerfs

–       L’étron s’y fera atrophier (ok celui-là est vraiment tiré par les cheveux alors je rajoute une pomme dans le lot à celui qui le trouve)