Fuck You

J’avais mis un baume et un pansement de plastique sur mon coeur fragile.
Tu as arraché le plaster, sans crier gare, sans m’avertir, pensant peut-être que la plaie s’était refermée.
C’était trop tôt.
Tu as tout’ cassé.

La plaie est grande ouverte et le sang se remet à gicler.
Je n’ai plus de baume, plus de plaster, ni la force de ramasser.

Roller Plaster

Aujourd’hui c’est le grand jour

On m’enlève tout

Ils s’y mettent à quatre

Chaque pouce de pansement qu’on décolle m’arrache un petit cri qui va en grandissant

Mon corps en est couvert – le visage aussi

Sur les bandages adhésifs qui roulent, se déroulent et s’enroulent à mes pieds – sur le sol

Il y a des restes de poils – de la sueur – de l’espoir et du sang

Dans mon regard qui se pose sur l’état de mon corps – là – nu – droit devant le miroir – du découragement

Voilà – c’est fini !

Après cette minute d’éternité

Tous m’observent – et moi je les observe

Notre langage corporel est dépit

C’est un échec

Mon corps est encore cicatrices – et boursouflements

J’aurais du m’en douter

Ne pas trop me faire des accroire

Tout ça n’était qu’un Band-Aid !

Rien de plus !

Sang-timents

Tu me blesses.
Tu m’irrites.
Tu m’infectes.
Je me soigne.
L’hémisphère droit de mon cerveau est à présent recouvert de pansements.
Et j’ingère une quantité démesurée d’alcool pour éviter que l’infection ne s’y installe.

Petit souvenir d’un mois d’avril

tombée de bicyclette genoux scratchés

archéologie dans la pharmacie

le Niagara la gaze

le sang sur mes jambes

tes longs doigts dans la boite minuscule à la recherche de

diachylons imprimés superhéros

les onguents le mercurochrome

gestes condensés opération aérienne

Érik Satie atterrit sur ton air tendre moqueur et désolé

mon genou comme un tableau

marqué d’un X

pour l’Amour et l’humanité