Fuck You

J’avais mis un baume et un pansement de plastique sur mon coeur fragile.
Tu as arraché le plaster, sans crier gare, sans m’avertir, pensant peut-être que la plaie s’était refermée.
C’était trop tôt.
Tu as tout’ cassé.

La plaie est grande ouverte et le sang se remet à gicler.
Je n’ai plus de baume, plus de plaster, ni la force de ramasser.

Roller Plaster

Aujourd’hui c’est le grand jour

On m’enlève tout

Ils s’y mettent à quatre

Chaque pouce de pansement qu’on décolle m’arrache un petit cri qui va en grandissant

Mon corps en est couvert – le visage aussi

Sur les bandages adhésifs qui roulent, se déroulent et s’enroulent à mes pieds – sur le sol

Il y a des restes de poils – de la sueur – de l’espoir et du sang

Dans mon regard qui se pose sur l’état de mon corps – là – nu – droit devant le miroir – du découragement

Voilà – c’est fini !

Après cette minute d’éternité

Tous m’observent – et moi je les observe

Notre langage corporel est dépit

C’est un échec

Mon corps est encore cicatrices – et boursouflements

J’aurais du m’en douter

Ne pas trop me faire des accroire

Tout ça n’était qu’un Band-Aid !

Rien de plus !

Sang-timents

Tu me blesses.
Tu m’irrites.
Tu m’infectes.
Je me soigne.
L’hémisphère droit de mon cerveau est à présent recouvert de pansements.
Et j’ingère une quantité démesurée d’alcool pour éviter que l’infection ne s’y installe.