Pleine Lune

Je m’enlace à toi, m’entortille, m’enroule.
Ma peau fond sur la tienne qui fond à son tour.
Cires fragiles.
Tes bras m’enlacent, me serrent, me gâtent.
Mes doigts parcourent ton corps et mes ongles s’allongent, pénétrant ta peau, s’y plongent, s’accrochent à tes os. 

Ta peau devient Terre d’accueil où se plantent mes racines. Tu les arroses de ta semence et les fleurs poussent, grandes et fortes, plus grandes et surtout plus fortes que les tours du World Trade Center.
Les avions ne nous écraseront pas.

Entends-tu? Les coyotes copulent sous la lune pleine, pendant que moi je suis pleine de toi.

Récolte d’automne

Allez – encore un verre Martial !
Martien !

OK – Martien ! Mais J’adore ton histoire

Il y aurait donc des hommes qui vivent sous terre et qui se nourrissent d’autres hommes pour survivre – c’est ça ?

Oui !

J’adore – t’es vraiment pété Martial !

Martien !

Si tu veux je te montre !

OK – Sure – On finit la bière et on y va ! J’peux vraiment pas rater ça !

Une heure plus tard – les deux hommes franchissaient le seuil du cimetière

Il faisait froid – la brume lévitait au-dessus des tombes muettes

La pleine lune observait

Un des deux hommes titubait

Tu sais quoi Martial – je commence sérieusement à avoir la chienne ! Haha !

Attends ! Ce n’est que le début

Les deux hommes s’arrêtèrent au bout d’un moment – leur regard se croisèrent – entre quatre chênes et trois peupliers

Martial invita Bob à se mettre à quatre pattes

Ce qu’il fit le sourire béat

Une lueur orangée s’illumina dans le regard de Martien

Puis Bob se mit à s’enfoncer

Paniqué – il tenta de retirer ses mains du sol détrempé – mou – et glacé – il se mit à hurler

Mais pour toute réponse – celle de Martial – de Martien :

Chut – Prends racine – Tais-toi – Disparais !

La folie

Troublées aux tréfonds, mes pensées se saoulent du maelström intérieur. Je surnage au milieu d’un parcours invraisemblable où il n’y a que des moments bigarrés. Tout au cours de la nuit je croise des créatures singulières. La situation est surréelle. M’en sortirais-je donc jamais ?

Je me perds dans les recoins, ces moments plus obscurs que je voudrais oublier. De manière désordonnée tout se déverse, se bouscule, s’entrechoque jusqu’à s’embrouiller.

Au fil de mon sommeil, mes rêves baignent dans une ambiance bizarre. Tout autour de moi devient plus fantasque. Tous ces regards ! Plus j’avance, plus je me retrouve dans un monde parallèle  peuplé de fées chevauchant des dauphins volants et de druides célébrant des cérémonies sacrées.

Je me sens perdre la raison et l’espace. Mon équilibre déjà fragile peine à suivre. Il me faut trouver un point d’appui sur lequel je puisse me poser. Il faut que je reprenne mes esprits.

Viviane, Aude, Mélodie, Charlotte et Daphnée me regardent en chuchutant entre elles. Pourquoi ne viennent-elles pas vers moi ? Elles ne voient pas mon désespoir ? Elles doivent tramer un complot dans mon dos. Je suis victime d’une machination j’en mettrais ma main au feu. Pourquoi ai-je toujours ce sentiment de persécution ?

Je me réveille en sueur.

Pourquoi Antoine n’est jamais présent lorsqu’on a vraiment besoin de lui ?

Technologie

La technologie, quelle histoire. Qui croyait que toutes ces découvertes qui nous facilitent la vie nous propulseraient vers notre destruction…

 Tout à commencer tranquillement, de plus en plus de monde travail de la maison. Avec toute cette technologie, ordinateur portable, internet haute vitesse, réseau virtuel privé, vidéo conférence, appel conférence… Les compagnies ont décidé d’économisé des coûts et d’éliminer les tours à bureaux, plus de loyer à payer : plus de profits dans les comptes en banques!

 Il fallait encore se déplacer pour se nourrir. Mais peu à peu, la possibilité de faire son épicerie en ligne est devenu attrayante pour plusieurs. On n’a plus besoin de sortir pour aller travailler, ni pour faire l’épicerie on reste dans le confort de son chez soi, dans son cocon. Peu à peu les épiceries sont devenues de plus en plus petites, pour finalement être remplacé par de grand centre de distributions.

 Pour le divertissement, toujours plus besoin de sortir, téléviseur grand format, son dolby, télé sur demande et télé payante : il est maintenant possible de voir un concert à moindre cout sans être confronté à une foule hystérique. Bien calé dans son fauteuil on peut voir les derniers films sortis, les séries télés populaires, des conférences, des spectacles d’humour.

 On se fait des amis sur les médias sociaux, salles de clavardage, jeux en lignes où on discute avec casque d’écoute tout en jouant dans un monde virtuel. Plus besoin de sortir voir ces amis, ils sont tous en lignes. Et si le désire nous prends de voir quelqu’un, rien de plus simple avec une webcam…

 Le premier cas est survenu il y a quelques années, un homme a été retrouvé complètement pétrifié devant son ordinateur. On dit que sa peau s’était transformée pour ressembler à l’écorce d’un arbre, ces pieds et c’est mains s’étaient enracinés dans le plancher, ces cheveux ce sont transformé en feuilles. Les scientifiques dans leur salon étaient complètement éberlués. Tranquillement de plus en plus de gens se retrouvaient ainsi transformé en arbre, arbustes et buissons… Il était impossible de savoir ce qui causait cette transformation : quel était le mode de transmission? Qui était à risque? Était-ce contagieux? Sans réponse, la population s’est encore plus enfermé chez elle, les rues déjà peu peuplées sont devenues complètement désertes.

 Qui aurait pu savoir que la solution à cette pandémie était en fait le contraire. Il aurait fallu sortir de notre torpeur, courir dans les champs, nager dans les lacs, bouger chacun de nos membres.

 Maintenant c’est mon tour, je ressens soudainement une envie incroyable de dormir, de me laisser aller. Un doux piquotement s’est emparé de mes orteils et mes doigts, j’arrive à peine à bouger. Je sens mes membres s’allongés pour aller prendre racine.

 La fin approche.

Qui aurait cru que toute cette technologie nous ferait faire un retour en force à la nature… Ou plutôt, nous ferait devenir nature.

Les racines du mal.

Elle avait les racines à vif !  Jamais elle n’aurait cru que ça pouvait lui arriver à elle.  Il lui avait fait croire que ça se refermerait tout seul, avec le temps.  Comment se débarrasser du mal ?  Peut-être qu’en écrivant une histoire de vampire, il pourrait s’en matérialiser un qui lui sucerait le sang pour enlever cette pression ressentie dans les gencives ?

… elle avoua qu’elle craignait les vampires, que c’était pour ça qu’elle se parfumait avec Chanail no5 …

…  Voyons !  …  D’habitude ça marche plus vite …  il est où mon vampire ?  À moins que ce soit un p’tit comique qui se cache pour me faire faire le saut.  Un sot oui !  C’est pas le temps de me niaiser là !  Si tu viens pas maintenant, je sors mon pieu ou mes balles d’argent pis j’vas te débusquer assez raide !!!  (Qu’est-ce que je raconte !… J’ai besoin de lui « vivant », je veux qu’il me vampirise … C’est le mal qui m’empêche de penser « straight »! )

Changeons de tactique …  Associations d’idées peut-être …  racines carrées …  racines du ciel …  racines aériennes …  racines familiales …  racines vomitives …  racines dentaires …  non, non pas celle-là …  c’est mauvais ça !

-Ahhhh !!!   T’es qui toi ?

-Ben j’suis ton vampire …  Je te ferai remarquer que c’est toi qui m’as appelé  …

-Ben oui. O.K.! …  J’aurais aimé que tu me vam …  que tu me su …  que tu m’enlève mon mal de …

-Heille Chose me prends-tu pour un docteur …  J’suis pas bon pantoute là-dedans !   Moi j’enlève aucun mal .  Je peux juste t’en rajouter !  J’suis tellement tanné que les gens pensent qu’on est là pour les soulager … Clac !  comme ça !  Ils ont pas le courage de se suicider … tient on va faire venir un vampire !  Pas le guts de s’amouracher d’un pauvre petit mortel ordinaire …   Ah tiens ! on va prendre un vampire, sont tellement plus beau,  pis en plus ce sera pour l’éternité ! …   J’en peux plus !!!  Je ne peux même pas me suicider sans aide extérieure …  t’en rends-tu compte ?   Comment mettre fin à mes souffrances à moi  ? …   Avoye sors le ton pieu … Ça me ferait tellement plaisir ! …  …  O.K.  On fait un deal …  une solution pour chacun …  d’abord t’enlever ton mal, ensuite tu me suicides …

-O.K. ! On essaie ( …  mais y est tellement beau !!!  J’pourrai jamais tenir mon bout du deal …   Misère !)