104e thème

Thème :

Route

 Contrainte :

-Mentionner quelque chose/quelqu’un au bord de la route/du chemin.
-Nommer 3 villes différentes reliées par une même route.

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La 344

Le premier gars qui m’a vue toute nue…

Je t’ai offert « Sur la route » et tu l’as lu.

Tu faisais du pouce jusque chez nous en jouant de l’harmonica

Et entre Dean Moriarty, Toots Thielemans et un char de police

Le chemin d’Oka devenait la route 66.

 

Et puis un soir au Bar St-Eustache

V’là la vie qui donne un coup de hache

Dans nos rêves d’adolescents.

Tu pars avec la danseuse

Je couche avec le guitariste

C’est notre dernier tour de piste.

 

Ça fait longtemps maintenant et je suis bien loin de chez mes parents mais

Je veux que tu saches

 

Parmi toutes les pommes de St-Joseph du lac

Y’a un morceau de mon cœur resté su l’bord d’la 344.

 

 

Cap sur Bassin

J’ai toujours aimé la route – fuir

La route c’est ce trait d’union obligé entre le travail et les vacances – le sas de décompression qui fait renaître en moi l’aventurier – avec le voyage – l’impensable devient possible

Juillet 2008

Après Québec et Charlottetown – je file vers Cap Tormentine – une langue de terre qui mène tout droit vers le traversier pour les îles de la Madeleine

Sur la route, au loin, j’ai vu ce qui semblait être un animal, errer sur le bas côté. On aurait dit un chien, un petit chien. Les deux côtés de la route étaient plats – sans habitation ni végétation – et plus je m’approchais plus je ressentais la détresse de la bête, le danger qu’elle courait, hésitante et égarée comme elle l’était, faisant tantôt mine d’avancer vers la chaussée pour la traverser puis faisant marche arrière devant le passage menaçant des voitures qui filaient à toute allure dans la plus grande indifférence

C’était un chien, j’en étais maintenant sûr, et à m’en surprendre moi-même j’ai ralenti et me suis garé spontanément sur le bord du chemin, à quelques mètres de l’animal

Je l’ai regardé, il a reculé, j’ai baissé ma vitre – puis je suis descendu pour m’approcher – il m’a regardé – il a reculé encore, il a fait un tour complet sur lui-même pour me regarder de nouveau

J’entendais maintenant la circulation ralentir et observer la scène. Je suis retourné vers la voiture et j’ai ouvert la portière arrière. À peine je m’étais retourné que le chien sautait déjà à l’intérieur du véhicule sans aucune autre invitation de ma part

Trop heureux du dénouement rapide de mes intentions je refermais la portière prestement

Une fois à l’intérieur – nos deux cœurs devaient battre à l’unisson

Dans le rétroviseur on s’est regardé longuement – il était maigre – apeuré

J’étais essoufflé – ravi

Une corde de fortune autour du cou et de la main – le chien et moi – après quelques hot-dogs pour lui et quelques bières pour moi partagés seuls sur le pont arrière du bateau – sa tête sur mes genoux – on a assurément dû passer tous les deux la meilleure traversée de notre vie – et ce malgré le froid – le vent – et la pluie

On est aujourd’hui inséparables

La route

Elle était seule au milieu d’un chemin désertique et marchait depuis longtemps sans avoir rencontré grand âme qui vive. Un chien rachitique qu’elle avait croisé sur le bord de la route s’était mis à la suivre pendant quelques kilomètres. À partir d’un certain moment il avait tout simplement disparu. Peut-être était-il allé se trouver un coin tranquille à l’abri des regards pour terminer ses jours ?

La belle avait perdu de son lustre. Peu de personnes pourraient maintenant la reconnaître avec ses vêtements devenus guenilles.

Elle ne comprenait toujours pas mais plus elle y réfléchissait et plus elle en était convaincue: elle s’était littéralement retrouvé dans un cauchemar.

Un panneau défraîchi: Belleville – 25 km. Quelques temps plus tôt elle avait traversé deux petites villes raprochées: Montavillon et Descôteaux. Tous des noms qu’elle ne connaissais pas.

La route était très poussiéreuse. Il n’y avait qu’une ombre de ses traces de pas derrière elle.

Le vent s’était levé et une pluie commença à tomber. Une grange abandonnée n’était pas trop loin. C’était un signe.

– Je m’arrête, j’en peux plus.

Une fois à l’intérieur, en fouillant dans son énorme sac, elle pris un livre qui ne la quittait jamais. Elle lut une inscription : Béatrice, 1988. C’était il y a si longtemps.

Une ombre passa dans ses yeux.

Pitou

J’avais décidé de prendre le chemin de la campagne. J’avais besoin d’aller me ressourcer. Destination, un petit bout de terrain pas loin d’un lac. Un endroit où je pourrais planter ma tente, regarder le lac et avoir la paix.

 J’avais besoin de me ressourcer, de sortir de ma vie, même si ce n’était que pour quelques jours. Je ne voulais plus entendre les drama-queen du bureau. Je ne voulais plus entendre ma mère se plaindre, je ne voulais plus voir le voisin d’à coté. Je ne veux plus voir de gris, de voiture, d’enfant en poussette qui cri. Je veux regarder le lac, écouté le vent dans les arbres, avoir la paix. Ne pas parler à personne. Rien.

J’ai donc pris mes cliques et mes claques et je suis partie.

J’ai pris la 117 vers le nord, après avoir passé une heure et demie dans le traffic entre Mirabel et Saint-Jérome, le reste du chemin s’est déroulé à merveille.

 C’est arrivé près de Nominingue que ma vie à changer. Il n’y avait personne sur la route, de loin j’ai remarqué quelques choses de pas trop gros qui grouillait sur le bord de la route. Emprise de curiosité j’ai ralentit. Arriver proche, j’ai constaté qu’il s’agissait d’un chien. Tout seul, la laisse au cou, il était assis ben droit et il attendait. J’ai arrêté, je suis sorti et je me suis vraiment demandé quoi faire. J’appel la SPCA? Je l’amène avec moi? Il est peut-être méchant, est-ce que je m’approche?? Pendant ce temps, le chien à pris la décision pour moi, il s’est approché, ma senti la main et s’est assis carré à côté de la porte arrière de la voiture. Machinalement j’ai ouvert la porte, le chien est grimpé et s’est étendu sur le siège arrière.

 J’ai fermé la porte et j’ai continué mon chemin. C’était vraiment une étrange sensation, je ne me suis pas remise en question, je ne me suis plus questionné. C’est comme si toute ma vie je savais que ce moment allait se produire et que j’étais prête. Ce chien posé sur ma route (littéralement) était maintenant le mien. 

Aujourd’hui ça fait quatre ans que le chien partage ma vie. Il est ma raison de vivre, m’a poussée à prendre des décisions qui ont redonné un sens à ma vie. Sans lui, je serais sûrement encore pris dans une routine de merde. Je dis merci à la vie de m’avoir fait ce cadeau immense.